Première sortie de piste pour Ronnie

Publié le par Patrice Dusablon

Par Thierry Le Bras

http://circuitmortel.hautetfort.com

 

Des pilotes déchaînés, une belle fille, une empoignade dans le premier tour, des bolides, Mike Hawthorn, le souvenir de pilotes qui firent vibrer les foules…

 

« Nous étions sur la ligne de départ, concentrés à l’extrême », se souvient Éric Trélor, ami d’enfance du pilote. A cette époque là, Ronnie s’appelait encore Ronan. Le circuit commençait par un virage à droite à fond absolu suivi d’un gauche 90. L’important pour chaque pilote était de réussir un départ canon pour rentrer le premier dans le gauche. Après, le tracé était si sinueux et si étroit qu’il serait très difficile de doubler avant le retour sur la ligne droite du départ. A mon emplacement, le bitume était parfait. Pas de poussière, pas de terre, pas de graviers, pas de risque qu’un pneu cire à l’accélération ».

 

Tous les pilotes connaissent la tension des dernières secondes avant le départ, l’instant où le peloton va bondir vers le premier virage. Gare aux accrochages, gare aux empoignades.

 

La pression du départ

 

- Le rythme cardiaque s’accélère, reprend Éric. Parfois, ton regard croise celui d’un autre pilote. Ou tu l’ignores comme si tu ne faisais même pas attention à lui, ou tes yeux expriment le défi que tu lances à l’adversaire, au rival à qui tu veux montrer ta supériorité. Mes yeux croisèrent ceux de Ronnie deux mètres à ma droite. Qui de nous deux voulait le plus gagner ? Lequel s’imposerait devant la belle Sarah, une fille superbe pour la préférence de laquelle nous étions des rivaux acharnés. Elle était si belle, Sarah avec ses yeux vert d’une douceur infinie, ses longs cheveux bruns qui flottaient sur ses épaules, son sourire d’ange, ses formes parfaites qui valaient bien celles de Gina Lollobrigida, au moins dans nos esprits…

 

 

Éric marque une courte pause avant de reprendre son récit.

 

- Plus que 30 secondes, plus que 15 secondes, plus que 5 secondes. Le drapeau national s’abaissa et nous nous ruâmes vers le premier droite. Nous étions quinze à participer à cette course sauvage organisée par mon grand-père Victor dans des ruelles et sentiers de Lanester. C’était en 1964, l’année où Jean Guichet et Nino Vaccarella remportèrent les 24 Heures du Mans sur une Ferrari 275 SP, où John Surtees devint Champion du monde de F1, où Paddy Hopkirk et Henry Liddon gagnèrent le Rallye de Monte-Carlo avec une Cooper S. J’appuyais sur les pédales de toutes mes forces. Je savais que j’avais très peu de chances de gagner. En toute logique, je devais finir 5ème ou 6ème. La victoire devrait se jouer entre Freddy et André. Freddy avait douze ans, André, Ronnie et Dominique onze, et moi seulement dix. A cet âge, quelques mois de différence comptent. Freddy était déjà au lycée, mais comme c’était mon meilleur ami, il se mêlait toujours à nos activités le jeudi.

 

La brune compte pas pour des prunes

A ce stade, le lecteur se demande sûrement qui était la belle Sarah ? Il serait inhumain de faire durer le suspense plus longtemps. Sarah, c’était une vieille de 22 ans qui travaillait comme vendeuse à la boulangerie. Elle plaisait beaucoup à Éric et à Ronnie, même si la différence d’âge rendait toute relation sérieuse impossible, d’autant que la belle était déjà mariée avec un type de l’Aéronavale affecté à Lann Bihoué, un détail qui n’empêchait guère Éric et Ronan de faire les jolis cœurs et de rivaliser de charme à la boulangerie, chacun aspirant au rang de préféré de la jolie Sarah. Comme la course commençait à 14 heures et que Sarah ne reprenait son travail qu’à 15 heures 30, elle était venue apporter son soutien à ses deux plus jeunes admirateurs.

 

 

- Ronan a réussi un départ canon, rapporte Éric. Il est sorti du droite en tête. C’était un costaud, de taille moyenne, mais bien charpenté, un blond qui portait les cheveux courts à l’époque, avec quelques taches de rousseur qui lui donnaient l’air un peu espiègle quand il souriait. J’étais plus grand que lui mais moins costaud. Je m’étais pas mal débrouillé au départ et je crois que j’étais deuxième. Dans la ligne droite d’un peu moins de cent mètres avant le gauche, André et Freddy m’ont doublé et ils sont aussi passés devant Ronan. Le gauche approchait. Dominique, un autre costaud qui se distinguait surtout au foot mais avait des cuisses comme disent les commentateurs de courses cyclistes m’a débordé aussi. Je n’ai pas insisté, je me suis déporté tout à gauche, et quand il a freiné pour tourner, je me suis infiltré à la corde en m’appuyant sur lui. De l’autre côté de la piste, un drame se jouait. Vexé de s’être fait remonter par André et Freddy, Ronan a tenté le tout pour le tout. II a voulu revenir à leur niveau au freinage et les tasser pour tourner. La manœuvre était osée, car c’est très délicat de s’imposer en faisant l’extérieur. La première phase de la tentative s’est bien déroulée. Mais au moment de freiner, Ronan s’est trouvé sur une plaque de graviers. Il a tiré tout droit dans une espèce de grange où était garée la Peugeot 404 injection gris métallisé toute neuve d’un jeune marin pêcheur heureusement parti quelques jours en mer. Le choc était inévitable. Ronnie a heurté l’aile arrière de la 404. Nous étions en short et maillots à manches courtes, comme dans une vraie course cycliste. Bilan, le genou gauche et le coude gauche bien écorchés plus un gros hématome sur l’extérieur de la cuisse droite pour Ronnie et une rayure de 75 centimètres sur l’aile arrière gauche de la 404…

 

The Race must go on

La course se poursuivit pourtant. Comme le show, the race must go on. Elle ne durait que deux tours d’un peu plus d’un kilomètre dans les ruelles et sentiers du quartier, donc pas très longtemps de toute façon.

 

 

 

- J’ai fini 3ème raconte Éric. Freddy a battu André parce qu’il avait un meilleur sens des trajectoires que lui. Moi, j’ai bénéficié de l’incident de course du premier virage avec Dominique. Lorsque nous nous sommes accrochés, je lui ai involontairement donné un coup de pédale dans le mollet. Il saignait un peu, il avait mal, et il ne pouvait plus m’attaquer. En plus, comme il a passé le reste de la course à fermer la porte à Gérard, un autre costaud qui espérait jouer le podium, il m’a protégé de son retour et de ses attaques. Après l’arrivée, je me suis excusé auprès de Dominique. Je voulais juste m’imposer en force au freinage, pas le blesser. Dom a toujours été un gars extraordinairement sympa. Il ne m’a même pas reproché la brutalité de mon attaque et il s’est contenté de lancer un « c’est la course ». De toute façon, on ne grandit pas sans se faire mal.  Sarah a amené les deux blessés - Ronan et Dom - chez elle pour soigner leurs plaies et ecchymoses. Je les ai accompagnés. Malgré notre amitié, Ronnie et moi  étions rivaux dans le cœur de Sarah. Quant à Dom, il risquait de devenir un concurrent supplémentaire. Les filles sont sensibles aux types qui souffrent. Oooohh, pas question de laisser Ronnie et Dom profiter de leurs blessures pour marquer des points auprès de ma jolie Sarah.

 

La 404 aussi bénéficia de soins attentifs. Très ennuyé par l’incident que le propriétaire de la voiture et des parents des gamins de la petite bande risquaient de lui reprocher, le grand-père Victor répara les dégâts. Il était carrossier et vint nuitamment avec un de ses ouvriers maquiller la rayure de la 404. Le maquillage aurait-il tenu aussi longtemps que le reste de la peinture ? Pas sûr. Mais il arrive que le hasard fasse bien les choses. Trois semaines plus tard, le propriétaire de la 404 rata un virage à droite sur la route de Plouhinec. La 404 fit une excursion dans le fossé avant de partir en tonneau dans le champ derrière. Par chance, ni le conducteur ni sa fiancée qui l’accompagnait ne furent blessés. Et le lendemain, la voiture fut amenée à l’atelier de carrosserie du grand-père Victor. Il fallait la passer au marbre et refaire toute la peinture. Personne ne découvrirait jamais plus les menus dégâts causés pas Ronnie.

 

 


Quelques années après, Ronnie, Freddy et Éric feraient tous de la course automobile et André deviendrait skipper. Freddy Vivien accéderait au plus niveau, la F1. Éric Trélor deviendrait un gentleman driver qui piloterait dans de nombreuses disciplines, de la course de côte à l’endurance en passant par le rallye. Freddy lancerait la marque automobile Vivia avec l’aide d’Éric qui, parallèlement à la course, exercerait la profession d’avocat. Les lecteurs de mes romans connaissent déjà Éric, le parrain de David Sarel, un de mes principaux héros récurrents ainsi que Freddy. Mais Ronnie n’est apparu jusqu’à présent que dans quelques nouvelles sur le Net. Pourtant, lui-aussi est un personnage attachant dont des tranches de vie méritent d’être rapportées. Ce sera le cas régulièrement sur CONFIDENTIEL PADDOCKS. Ronnie est toujours resté proche d’Éric et de Freddy mais il n’a jamais voulu devenir pilote Vivia car il entendait montrer à tous, à commencer par ses meilleurs amis, qu’il pouvait réussir tout seul en sport automobile. Dominique a partagé ses aventures automobiles et lui fit l’assistance lors de toutes les courses auxquelles il participa sans en manquer une seule. Je mer ferai le plus fidèlement possible l’interprète de Freddy, Éric et Dominique pour vous raconter Ronnie.

 

Gentlemen drivers ou stars de la F1, tous pilotes de course
 

Ronnie deviendrait un bon pilote, pas le meilleur, mais un attaquant au cœur énorme, un gars qui freine tard, qui prend des appuis, qui fait le spectacle, qui donne du plaisir aux spectateurs. C’était aussi un ami sûr et fidèle, un gars qui rappellera à tous les amateurs de sport auto un bon copain qu’ils connaissent ou ont connu.

 

 

- Une fois lors d’un dîner avec Dom, Freddy et moi, Ronnie a laissé transparaître son complexe de n’être qu’un pur amateur qui n’avait jamais disputé une grande épreuve comme Le Mans ou les 24 Heures de Spa, précise Éric. C’était en 1980. Il courait alors avec une Matra Murena préparée en groupe 4. Freddy a trouvé les mots pour lui redonner la pêche. « Un pilote est un pilote », a expliqué notre ami champion de F1. « Quand tu as posé les fesses dans un baquet au départ d’une vraie course et que tu as mis les gaz au signal du starter, tu es un pilote, que tu conduises une Matra Murena, une Sunbeam Lotus, une BMW 530 Production ou une Priceley F1. Les sensations sont les mêmes. Et qui sait, si les circonstances t’avaient amené en F1 chez Williams cette année, tu serais peut-être champion du monde, alors que si les choses s’étaient moins bien enchaînées pour moi, je ferais peut-être de la course de côte en régional avec une Golf GTI groupe 1 ou une Rallye 3 ».

 

Ronan avait subi sa première sortie de route un après-midi d’automne à Lanester. D’autres suivraient. De toute façon, un pilote qui ne sort jamais est un pilote qui ne va pas chercher la limite, donc pas un vrai bon.

 

 

Ronan recevrait le surnom de Ronnie durant les seventies à cause de son admiration pour Ronnie Peterson dont il admirait le style généreux. En 1964, les expériences de conduite automobile de Ronnie se limitaient encore à quelques manœuvres dans le jardin au volant de la 403 de son père. Il adorait les Chevrolet Corvette, les Jaguar Type E, les Aston Martin et aurait bien aimé convaincre son père d’acheter une Volvo 122 S.

 

- Le papa de Ronnie n’a toujours juré que par Peugeot, plaisante Dominique. Ronnie n’avait aucune chance de le décider à acheter une autre marque. La question ne se posait même pas. A chaque tentative, son père lui répliquait qu’il achèterait ce qu’il voudrait quand il travaillerait, mais qu’en attendant, il se contenterait de monter dans les Peugeot familiales. Ce qui est marrant, c’est qu’une fois adulte, Ronnie a successivement choisi pour rouler au quotidien une R8, une Alfa 1300, un coupé 504, des 505, des R 25, des Peugeot 605 et des Mercedes, mais jamais une seule Volvo. Je l’ai bien charrié avec ça quand il a acheté sa 605 d’ailleurs.

 

Mike Hawthorn, premier héros de Ronnie

 

En 1964, les pilotes préférés de Ronnie étaient Mike Hawthorn et Mike Parkes, le pilote ingénieur. Le premier était décédé dans un accident de la circulation le 22 janvier 1959 après avoir notamment remporté le titre de Champion du monde             de F1 1958 et les 24 Heures du Mans 1955. Un concours de circonstances aussi improbable que dramatique en avait fait un des acteurs du terrible accident du Mans 1955.

 

 

- Ronnie avait découvert Mike Hawthorn par hasard, témoigne Éric. Il était né le dimanche 5 juillet 1953 et il se demandait si un événement notable s’était produit à cette date dans le monde de la course automobile. Alors, un jeudi matin, nous sommes allés aux archives municipales de Lorient consulter les journaux d’époque. Et nous avons trouvé ce que nous cherchions. Il s’était  bien passé quelque chose de particulier ce jour-là. C’était la date du Grand-Prix de France 1953, une course qui donna lieu à un final ahurissant. A cinq tours de l’arrivée, Hawthorn sur Ferrari et Fangio sur Maserati étaient roues dans roues. Ils se livrèrent un duel acharné, se doublant et se redoublant sans cesse. A l’amorce du dernier tour, ils passèrent devant les tribunes côte à côte. Qui allait l’emporter ? Fangio sembla prendre un instant l’avantage, mais l’épingle du circuit lui fut fatale. Gêné par une première qui ne passait plus, il perdit du temps à la sortie du virage le plus serré  et franchit la ligne d’arrivée 36 mètres derrière Hawthorn. En Anglais soucieux de son apparence, Mike Hawthorn s’était présenté au départ vêtu d’un blouson en daim vert et d’un nœud papillon. Ce détail impressionna beaucoup Ronnie qui trouvait qu’il ressemblait un peu à Mike Hawthorn. Il compta toujours des blousons verts dans sa garde robe et portait le nœud papillon dans toutes les soirées habillées. D’ailleurs ce printemps-là, il fit faire le tour de toutes les boutiques de Lorient à sa mère afin de trouver un blouson de toile vert qui ressemble le plus possible à celui que portait Mike Hawthorn au Grand-Prix de France 1953.

 

- A ce moment-là, Ronnie a voulu tout savoir sur Hawthorn, intervient Dominique. Et il s’est senti encore plus proche de lui en découvrant que Mike s’était plusieurs fois trouvé au centre de polémiques. D’abord en 1954, lorsque la presse anglaise lui reprocha de ne pas avoir fait son service militaire et de faire gagner des voitures étrangères. Ensuite en 1955, après l’accident du Mans.

 

 

- Il faut dire que Hawthorn souffrait de problèmes d’insuffisance rénale, ajoute Éric. C’est pour ça qu’il avait échappé aux obligations militaires. Il avait abordé les sports mécaniques à 17 ans par la moto. Puis après une première saison automobile où il s’était montré à son avantage, Ferrari le fit courir en 1953 et 1954. Touché à la fois par les reproches qui s’abattaient sur lui – une certaine presse peut se montrer aussi ignoble que malhonnête quand elle a décidé de démolir un pilote, fût-il excellent, les supporters de Lewis Hamilton et de Kimi Räikkönen ne me démentiront pas  – et le récent décès de son père, il a cédé aux avances de Jaguar pour la saison d’endurance 1955 et il s’est réfugié chez Vanwall en F1. Au Mans 1955, il faisait équipe avec Ivor Bueb. La première heure de course donna lieu à une bagarre incroyable entre la Jaguar de Hawthorn et la Mercedes de Fangio. Les deux pilotes roulaient comme en Grand-Prix. Le boulot de Mike était d’entraîner les Mercedes à suivre son train d’enfer. Tant pis s’il cassait pourvu qu’il épuise l’adversaire. En plus, il est probable que ce duel sonnait comme une revanche du Grand-Prix de Reims. Même s’ils se respectaient, chacun des deux pilotes entendait montrer à l’autre qu’il n’avait pas peur de lui et qu’il allait le battre.

 

- N’oublie pas l’aspect nationaliste, complète Dominique.

 

- C’est vrai reprend Éric. Mike Hawthorn était anglais. Il a déclaré qu’il « ne voyait pas pourquoi une voiture allemande battrait une voiture anglaise ». Son père s’était battu conte les nazis. Lui-même avait connu le traumatisme des bombardements sur l’Angleterre, la crainte des méfaits de la cinquième colonne, la peur de la folie meurtrière d’Hitler. La guerre n’était pas loin en 1955, ni même en 1964 d’ailleurs. Nous vivions à Lanester, une commune qui touche Lorient. Notre région n’était pas un pays de collabos ni de sympathisants des nazis. La ville avait été décorée de la Légion d’Honneur en 1949, puis de la Croix de guerre 1939 – 1945. Mon grand-père Victor avait lui-même été un résistant très actif et il nous avait raconté les souffrances de la population, les copains torturés, son frère engagé volontaire dans la RAF abattu la veille du débarquement du 6 juin 1944. Pour nous, les nazis, les fascistes, les xénophobes, les racistes, les extrémistes, ce n’était pas des identités abstraites mais des salauds qu’il fallait combattre sans relâche et sans pitié. Le temps a passé et trop de gens, y compris des jeunes, sont devenus assez complaisants et laxistes avec les idées néo-nazies et les dérapages plus ou moins contrôlés de ceux qui chantent les louanges d’Hitler. Mais ça n’a jamais été le cas de notre génération et je suis convaincu que le patriotisme de Mike Hawthorn fit partie des facteurs qui le rendirent sympathique à Ronnie.

 

 

- Je me demande si dans  la F1 des années 2007, 2008 et 2009, Mike Hawthorn aurait été apprécié par les hauts dignitaires de la F1, soupire tristement Dom. Il n’aurait sûrement pas été hissé sur un piédestal de pacotilles au-dessus des lois pour satisfaire des intérêts mercantiles. On n’attribuait pas de passeports pour tricher impunément à l’époque de Mike Hawthorn, de Juan Manuel Fangio, de Stirling Moss, de Peter Collins, de Maurice Trintignant et de leurs camarades qui étaient tous des hommes d’honneur. Non, aucun d’entre eux n’aurait accepté de devenir un… Comment dire ???  Un Pfff … Al Capone sot qui triche et achète des résultats au prix de son honneur.

 

- Non, c’était assurément une autre époque, approuve Éric… Pour en revenir à la catastrophe du Mans, une décision judiciaire du 10 novembre 1956 a considéré qu’il n’y avait pas lieu d’engager une action pénale contre qui que ce soit car il n’y avait pas de preuve de ce que quiconque ait pu commettre un homicide ou des blessures involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou non observation des règles. C’était sans doute la meilleure décision possible car il vaut mieux chercher à éviter d’autres drames dans l’avenir que chercher des coupables à tout prix pour des accidents que rien ne permettait raisonnablement de prévoir.

 

- Tout se passe si vite en course, commente Dominique. Les infrastructures peuvent être mises en cause, mais comment reprocher à un pilote qui est là pour rouler à la limite de sa voiture un concours de circonstances qui se produit en une fraction de seconde ?

 

 

- C’est certain, conclut Éric. Mike Hawthorn et son équipier Ivor Bueb ont remporté les 24 Heures du Mans mais leur victoire n’a pas été célébrée comme les autres. Mike est retourné chez Ferrari après un bref passage en F1 chez BRM. Il remporta le titre 1958 mais arrêta la compétition. L’accident de 1955 l’avait beaucoup marqué. Les décès en course à trois semaines d’intervalle de Luigi Musso et de son ami Peter Collins l’année de son titre le peinèrent énormément. Ses problèmes de reins s’aggravaient. II n’eut hélas pas le temps de profiter de sa retraite sportive et trouva la mort dans un accident de voiture en janvier 1959. Il conduisait une Jaguar MK I et  n’avait pas encore fêté son  trentième anniversaire.

 

Éric marque une nouvelle pause.

 

- A part notre ami Freddy, Ronnie a toujours été attiré par des pilotes qui connurent des destins tragiques, reprend-il. Je me suis toujours demandé s’il ne s’agissait pas d’une sorte de mimétisme.

 

- Sans doute, approuve Dominique. Ronnie avait un côté tête brûlée. Mais paradoxalement, malgré son physique solide et la confiance en lui qu’il s’efforçait s’afficher, il dissimulait une hyper sensibilité face aux injustices de la vie. Le choix de ses pilotes préférés avait quelque chose de prémonitoire…

 

A SUIVRE …

 

QUELQUES PHOTOS EVOQUANT L’UNIVERS DE RONNIE EN 1964

 

 

 

 

 

Publié dans Univers parallèles

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