Räikkönen ou le malaise de Ferrari ?

Publié le par Patrice Dusablon

Par Patrice Dusablon et Thierry Le Bras

 

Depuis plusieurs semaines, les rumeurs sur le duo de pilotes 2010 de Ferrari vont bon train, envoyant Fernando Alonso chez Ferrari pour 2010 ou 2011. Même si la rumeur de l’arrivée d’Alonso chez Ferrari en remplacement de Räikkönen court depuis l’année dernière, il faut admettre qu’elle se fait de plus en plus persistante et atteint un degré de probabilité proche de la certitude au moment la mise enligne. Les fans comme la presse attendaient donc avec impatience des réponses au Grand Prix de Monza, où la Scuderia annonce traditionnellement ses pilotes pour la prochaine saison. Mais non ! Pour la première fois de son histoire, Ferrari retarde l’annonce de ses pilotes après le Grand Prix d’Italie. La seule annonce de Ferrari, l’arrivée de la banque espagnole Santander comme sponsor principal pour 2010… Rien de mieux pour entretenir le suspense !

 

Un suspense que les deux intéressés se gardent bien de gâcher « Tout le monde prend ça comme un fait accompli que j'irai [chez Ferrari], mais je n'ai rien dit, personne n'a rien dit. Si je ne vais pas chez Ferrari, je pense que beaucoup de gens [les journalistes] perdront leurs jobs, » a dernièrement répondu Alonso au sujet des rumeurs l’entourant. Plus posé que le bouillant espagnol, Kimi répond simplement « Je suis très serein et je dors très bien Je ne me fais pas de souci pour moi, d’autre doivent s’en faire beaucoup plus. J’ai un contrat Ferrari pour 2010 et mon intention est de le respecter. Évidemment, dans tout autre cas de figure je trouverais une solution. Je serai en F1 en 2010. Je n’ai pas d’autre plan. »

 

Pour ce qui est des communications de la Scuderia à Monza, elles sont une merveille d’ambigüité « Tôt ou tard cela arrivera [Alonso chez Ferrari]. Nous verrons quand. Pour l'année prochaine, nous avons [Kimi] Räikkönen, [Felipe] Massa, [Giancarlo] Fisichella, [Luca] Badoer et [Marc] Gené, et j'espère Michael Schumacher. Nous avons donc un banc aussi long que celui du Real Madrid, » a déclaré Luca di Montezemolo à des journalistes espagnols à Monza « Nous avons deux superbes champions avec le champion 2007 et l'homme qui a été le champion 2008 pendant 15 secondes quand il a franchi la ligne. Je pense donc que nous avons deux pilotes extraordinaires. Ayant dit cela, j'ai toujours aimé [Fernando] Alonso, car il est un superbe pilote que j'observe depuis qu'il est chez Minardi. Il a remporté des titres, et j'ai toujours pensé que tôt ou tard, tous les grands pilotes viennent chez Ferrari. Avant la course à Imola, Ayrton Senna est venu près de moi et m'a dit 'Je veux terminer ma carrière avec Ferrari' ; [Alain] Prost, [Nigel] Mansell, Michael [Schumacher], donc nous verrons. Nous regardons vers l'avant, et la vie est longue pour tout le monde. »

 

Lorsqu’il fut demandé à Stefano Domenicali de mettre fin à la spéculation sur le futur de Kimi Räikkönen, il déclara « Je pense que, comme nous l'avons dit, nous ne voulons pas discuter de cela maintenant, car je ne pense pas que ça soit correct. Comme vous le savez, Kimi a un contrat avec nous l'année prochaine, et c'est ce que nous pouvons dire pour l'instant. Nous sommes contents de la performance de Kimi car il court fantastiquement, il pilote très, très bien. L'équipe est très, très contente de la façon dont il se conduit - par-dessus tout dans la seconde partie de la saison quand je dois dire que lors des cinq dernières courses, il était toujours sur le podium et il a inscrit des point., Je pense qu'après [Rubens] Barrichello qui se bat pour le championnat, celui qui a marqué le plus de points, c’est Kimi (Räikkönen]. » Bref, quand on parle de malaise…

  

 

  

Car admettons le, les événements rendirent la situation de Ferrari très compliquée ces derniers temps. Pour ne pas dire, un vrai casse-tête. En premier lieu, l’accident de Massa en Hongrie, dont personne ne peut réellement prédire s’il retrouvera tout son potentiel en 2010, comme ce fut le cas de Ralf Schumacher après son accident à Indianapolis en 2004. Et s’il est vrai que Montezemolo tente de relativiser ce fait « Il sera prêt à 100 pour cent. Je l'ai entendu de lui il y a une heure et tout va super dans sa guérison. Il sera en parfaite forme », il n’en demeure pas moins que Ferrari souhaite tester Felipe avant de prendre sa décision « Nous voulons demander une dérogation [pour Felipe Massa] et je suis convaincu que les autres équipes nous l'accorderont, » a déclaré Stefano Domenicali à la Gazzetta dello Sport. Ferrari pouvait être tenté de retarder l’annonce de ses pilotes 2010 jusqu’au moment où Felipe Massa serait sûr de revenir à 100% l’année prochaine, ce qui supposait quelques tours de piste au volant, au moins dans les conditions de tests de Michael Schumacher cet été. Mais d’un autre côté, Fernando ne supporte pas un pilote performant à ses côtés. Chez Renault, il a toujours été protégé de la concurrence par divers artifices et une seconde voiture qui ne marche jamais, Même son ami Moncet l’a reconnu en direct sur TF1 le 27 septembre 2009. Si Alonso va bien chez Ferrari, il sera toujours temps de régler le problème Massa en fonction de ses performances.

 

En second lieu, « l’affaires Singapour 2008 » fut un autre facteur de perturbation pour Ferrari. D’abord du fait que c’est la seconde fois en deux ans (donc une affaire par saison même si celle de 2008 n’éclate qu’en 2009) que Fernando Alonso est impliqué dans une tricherie majeure en F1. C’est beaucoup pour un seul individu. Même si Alonso a été  blanchi par ses amis de la FIA qui l’avaient déjà protégé lors du Stepney Gate, il faut reconnaître que ce blanchiment survenu dès avant la tenue du Conseil mondial n’écartera pas les suspicions ! Certes, les journalistes officiellement accrédités par la FIA oublient pudiquement jusqu’au patronyme du petit toro dès qu’ils évoquent l’affaire. Ils ne vont pas risquer leurs accréditations en contrariant un protégé de messieurs Mosley et Ecclestone. Mais les lecteurs avertis, surtout ceux qui connaissent le monde des affaires, s’interrogeront sur au moins quatre points :

 

- est-il vraisemblable, voire simplement crédible, que Fernando Alonso, pilote d’expérience revendiquant une implication dans les choix stratégiques de son équipe et proche de Flavio Briatore, ait pu ignorer le trucage de la course à son profit ?

 

- la complaisance de la grande presse vis-à-vis de Renault et de son premier pilote est-elle due à une sincère conviction de leur innocence ou à un souci de protéger de gros annonceurs? Au moment où l’affaire bat son plein se tient le Salon de Francfort. Et quand on voit dans la même édition d’un quotidien un compte-rendu sur le hold-up de Singapour 2008 et une pleine page de publicité sur les voitures de l’avenir inventées par Renault, il est évident qu’il existe un conflit d’intérêts entre la mission d’investigation des journalistes et les préoccupations conjointes du directeur de la régie pub et du directeur financier ; - la solution adoptée par le Conseil mondial ne consacre-t-elle pas tous les doutes ? Car tout amateur de F1 un peu intelligent aura saisi que les juges sportifs ont redoublé d’astuce pour absoudre Renault et Alonso, vainqueurs d’un Grand-Prix truqué et faire porter le chapeau aux seuls Briatore et Symonds. Une parodie de justice. Les avocats se « rient dessus » pour emprunter une expression inventée par l’humoriste Nicolas Canteloup. Car Renault ne paye même pas un seul euro d’amende et grâce à cette construction de peine indéterminée avec mise à l’épreuve de deux ans, la sanction d’un Grand-Prix de suspension avec sursis qui pesait sur l’écurie ne trouve même pas à s’appliquer ; un vrai tour de magie. Ceci dit, bravo aux juristes de la FIA, ils ne manquent ni de culot, ni d’imagination, ni de rouerie ;

 

- enfin, existe-t-il des fans de F1 avertis qui n’ont pas compris que le fameux « Témoin X » de la FIA, aussi appelé « Dénonciateur » par Renault, est probablement nul autre que Fernando Alonso? Un rôle de dénonciation qu’il connaît bien depuis le Stepneygate. Si tel est le cas, ça expliquerait le blanchiment d’Alonso qui survenu étrangement avant que le procès ait lieu. Mais surtout, ça respecte la ligne de conduite de la FIA ces dernières années, qui accorde plus d’importance à la rentabilité de la F1 qu’à sa sportivité!

 

Compte tenu du prix de ses modèles, Ferrari vise une clientèle haut de gamme, une clientèle de décideurs économiques très sensibles à la protection du savoir-faire et à la régularité de la concurrence. Et aussi des stratèges capables de décrypter des manœuvres et tours de prestidigitation créant des illusions destinées à tromper un grand public confiant et crédule. On peut dès lors supposer que Ferrari voudra s’assurer que Fernando Alonso est, sinon blanc comme neige, ce qui n’est pas la préoccupation des hommes d’affaires intéressés à son éventuel transfert, au moins à l’abri d’aléas judiciaires graves et de désagréments médiatiques dans cette histoire. Il fallait  attendre que « l’affaire Singapour 2008 » soit enterrée. La décision du Conseil Mondial le 21 septembre n’inscrit  naturellement pas le mot FIN sur l’écran du cinéma paradisiaque Flavio, Max, Bernie  et Cie. Mais l’attitude de la presse « amie » de la FIA et d’Ecclestone aura rassuré les protagonistes du Crash Gate et du transfert d’Alonso. L’Omerta continuera à s’appliquer sur « les affaires » qui profitent à Alonso.

 

Des rebondissements restent possibles. Que va provoquer Flavio Briatore en attaquant ses anciens amis devant les tribunaux ? N’oublions pas qu’en 2007, la FIA avait convoqué un second Conseil Mondial dans « l’affaire d’espionnage » entre Ferrari et McLaren lorsque de nouveaux faits avaient été  mis à sa disposition par … Alonso. La question se pose aussi de savoir quand la « croisade du clan Piquet » s’arrêtera ? Une question dont seul Nelson Piquet Sr. connaît la réponse. Surtout que celui-ci semble déterminé par ses dernières déclarations à démontrer l’implication de Fernando dans le complot. Sinon devant le Conseil mondial, au moins dans les médias du monde entier. « Fernando savait tout, affirme-t-il. Il ne pouvait pas l'ignorer. Si vous êtes 15ème sur la grille sur un circuit urbain, il n'y a aucune raison de s'élancer avec peu d'essence. Au mieux vous passerez trois voitures et après votre dernier arrêt, vous resterez où vous êtes. C'est une stratégie insensée. » Bref, est-ce une simple tactique pour déstabiliser davantage Briatore, si proche des intérêts  de l’Espagnol que ce dernier l’a encore remercié dimanche? Ou Alonso est-il la prochaine cible du clan Piquet ? Nelson Jr a été particulièrement maltraité chez Renault ainsi que sur le web  par les nervis des fan-clubs  d’Alonso, surtout lorsqu’il le devançait en essais libres, réalisait de meilleurs tours en course que lui, ou le devançait à la régulière en course, le tout malgré des retards d’évolutions sur sa voiture, des incidents mécaniques et des stratégies pénalisantes. En Turquie, Jacques Laffitte s’est même interrogé à l’écran sur le troisième arrêt inutile que Briatore fit subir à Piquet qui devançait son leader. À suivre…

 

Kimi a rendu la tâche difficile à Ferrari!

 

Si les événements mettent dans l’embarras la Scuderia, il semble bien que Kimi Raikkonen soit un véritable perturbateur dans l’échiquier des « Rouges ». Son contrat est « béton » et le briser coûtera plusieurs millions d’Euro à Ferrari. La presse prétend que leur nouveau sponsor Santander, qui soutient Alonso depuis son arrivée chez McLaren en 2007, serait prêt à racheter le contrat de Raikkonen. Mais dans un contexte de crise financière et de chômage mondial, est-il raisonnable d’utiliser l’argent d’une banque pour licencier un pilote ? Emilio Botin, PDG de la banque espagnole Santander, est d’ailleurs monté au créneau pour calmer les ardeurs, dans les colonnes du quotidien sportif ibérique Dario As : « Bien sûr que j'aimerais signer [Fernando] Alonso, mais je ne peux nommer que les directeurs de la banque. Ferrari sont les seuls à prendre les décisions à propos des pilotes ». Sans compter la nouvelle implication d’Alonso dans une affaire malsaine. Même s’il réussit à convaincre des fans par principe acquis à sa cause de sa non-implication, le fait qu’il soit une nouvelle fois le bénéficiaire de manœuvres frauduleuses restera ennuyeux dans les plans de communication organisés autour de lui. Est-il souhaitable d’associer l’image d’une banque à un pilote qui, dans tous les cas de figure demeure  – fût-ce à ce que les Guignols de l’info appelleraient « l’insu de son plein gré » - le gagnant d’une course offerte sur plateau de dés pipés  par un homme banni à vie du sport automobile et trainé dans la boue par ses organisateurs? Les services de communication de Santander se seront inévitablement interrogés sur le parti qu’en tireraient leurs concurrents avec une communication  calquée sur le célèbre slogan « achèteriez-vous une voiture d’occasion à cet homme-là »?

 

Mais surtout, c’est avec ses performances 2009 que Kimi rendit la situation embarrassante pour Ferrari. La Corriere Dello Sport résume bien le portrait après Monza : « Kimi Raikkonen obtient une troisième place, mais Ferrari est dans l’embarras. Le Finlandais apporte des points à la Scuderia et il sera de plus en plus difficile de se débarrasser du pilote dont le contrat court jusqu’à la fin de l’année 2010. Kimi Raikkonen est devenu un problème embarrassant pour Ferrari. Des points supplémentaires sont toujours les bienvenus : C’est logique, mais la rupture brutale du contrat du Finlandais pour faire place à Fernando Alonso se complique. ».

  

 

  

Car le Finlandais impressionne en 2009! Premier point, premier podium et première victoire de Ferrari cette saison. Il est le pilote qui a marqué le plus de pointa avec quatre podiums consécutifs depuis le Grand-Prix de Hongrie, soit 30 points contre 22 pour Barrichello et 18 pour Hamilton. Et Kimi n’a pas l’intention de s’arrêter là! « La prochaine course se disputera à Singapour, où je n'ai pas terminé la course l'an dernier. Néanmoins, c'est un endroit que j'aime vraiment beaucoup. Nous devons faire la même chose que nous avons faite à Monza : essayer d'obtenir le meilleur de la F60 et gagner une place sur le podium pour la cinquième fois consécutive. Mon objectif est d'aider l'équipe à garder la troisième place au classement des constructeurs et de gagner autant de points que possible. » Ses adversaires sont prévenus ! Surtout qu’il n’est pas à exclure que Kimi rafle une seconde victoire cette saison. Et pourquoi pas sur le magnifique circuit de Suzuka de retour cette année ? Un circuit que Kimi affectionne particulièrement. Sa victoire de 2005, alors qu’il était chez McLaren, acquise par un dépassement dans le dernier tour sur Fisichella, est là pour nous le rappeler.

 

D’ailleur, si Kimi doit quitter la Scuderia, personne ne pourrait dire qu’il a démérité. Il a acquis 9 victoires, un titre de Champion du monde et il a contribué à conquérir des titres constructeurs pour Ferrari. Il est un des rares pilotes à avoir gagné sa première course chez Ferrari et à remporter le titre dès sa première saison chez les « Rouges ». Il fut le champion 2008 des meilleurs tours en course. Il est le troisième meilleur performeur de l’histoire de la F1 dans cette statistique. Et si certains mettent en doute sa motivation, ses fans peuvent se rassurer car il n’en est rien : «  Les gens croient que les résultats sont une affaire de motivation. Non, c’est avant tout une affaire de technique, de voiture, malheureusement ». Ces récents résultats le démontrent. Car depuis que Felipe, « l’enfant chéri » de la Scuderia est absent, Kimi reçoit probablement l’attention qu’il aurait eue si Jean Todt était toujours présent.

  

 

  

Une association Raikkonen/Ferrari est-elle sensée sans Jean Todt?

 

Indépendamment du fait que Kimi reste chez Ferrari ou non en 2010, la question du futur à long terme de l’association Kimi/Ferrari se posait. Ses fans comme ceux de Ferrari l’admettront, la chimie n’opère plus entre Raikkonen et la Scuderia depuis le départ de Todt. Il semble bien que « Iceman » ne cadre plus dans les plans d’une Scuderia qui se veux plus Italienne ou du moins plus latine. Et pour preuve, lorsque Ross Brawn négociait avec Ferrari pour remplacer Jean Todt après son année sabbatique, le « clan italien » de Ferrari n’hésita pas à citer son amitié avec Nigel Stepney, responsable de l’affaire d’espionnage entre Ferrari et McLaren, pour rejeter sa candidature et mettre un Italien à la tête de Ferrari. Mais lorsque le moment est venu d’embaucher un Espagnol qui utilisa des données piratées de Ferrari chez McLaren, ce n’est pas grave !

 

Ainsi, dans une Scuderia qui désire montrer sa différence, pour ne pas dire son différend, avec Todt, quel meilleur moyen pour en finir avec  son empreinte que de licencier le pilote qu’il appréciait pour embaucher celui dont il doutait le plus et dont il disait que lui, il ne pilotera jamais pour la Scuderia tant que je serai à sa tête. Surtout que de prime abord, Kimi semblait décidé à poursuivre sa carrière en rallye. Surtout qu’il a disputé trois rallyes en 2009 et que ses prestations dans la discipline (en Finlande), « bluffèrent » les analystes  « Je pense qu'il a vraiment fait un bon boulot. Il était environ à une seconde au kilomètre de Hanninen et des autres meilleurs pilotes et, en Finlande, c'est une très bonne performance » a déclaré Sébastien Loeb, quintuple champion du monde de rallye et potentiel futur participant à au moins un Grand-Prix.

  

 

  

Mais lorsqu’on parle de Rallye à Kimi, on voit bien que la F1 est sa priorité pour 2010 : « Ça pourrait être un bon plan de reconversion. Il y a tellement de choses à faire! Mais je le répète, attendons de voir ce qui se passera avec la F1 avant de prendre une décision ». Bref, Kimi sera bien en F1 e 2010, chez Ferrari ou ailleurs, et c’est là tout le malaise des « Rouges » ! S’il est écarté, Raïkkönen passera à la concurrence en 2010 et ce, malgré une compensation financière de Ferrari!

 

Et le Finlandais est courtisé ! Au-delà du lobbying orchestré par certains journalistes – on a même lu cet été une certaine  journaliste l’insulter dans son média et écrire qu’il ne donnait pas assez aux journalistes, sans préciser davantage ce qu’elle attendait -, le paddock sait ce qu’il vaut. S’il a déjà refusé une offre de Renault et qu’il est peu probable qu’il accepte d’aller chez Toyota, Brawn GP et McLaren sont en lice pour obtenir les services de Kimi. Pour Ferrari, la perspectif d’un duo Button/Räikkönen chez Brawn GP ou Hamilton/Raikkonen chez McLaren doit être difficile à avaler! Une des plus grandes force de Kimi étant de respecter une stratégie et de « claquer » des temps canons au bon moment, une association Kimi/Brawn peut être redoutable. Dans le même ordre d’idée, un retour dans une écurie anglaise comme McLaren, où l’imperméabilité de « Iceman » face aux événements est vue comme une qualité plutôt qu’un défaut comme chez les « latins », n’est pas de bon augure pour Ferrari. McLaren sait très bien quel genre de monture Kimi a besoin pour exceller, à la différence que contrairement à la période 2002-2006, les McLaren sont maintenant devenues très fiables et possèdent d’excellents moteurs. Ce qui a toujours manqué à Räiikkönen chez les « Gris »!

  

 

  

Toutefois, Ferrari a également de belle carte en main actuellement. Elle sait très bien qu’Alonso et Räikkönen, qui sont tous les deux au cœur des dispositifs envisagés pour la Scuderia, sont la clé des transferts. Les choix de Ferrari sont bien au cœur des transferts pour 2010 et les « Rouges » en profiteront pleinement. Si Kimi doit rester, nul ne sert de l’annoncer maintenant à ses concurrents qui attendent sa décision pour choisir leurs duos de pilotes. Si Kimi doit partir, autant laisser le moins de temps à Räikkönen pour se retourner vers 2010. C’est parfaitement inélégant, mais le monde de la F1 est un parc de requins qui démontre quotidiennement son absence de scrupules. Autant dire sans mâcher ses mots que Ferrari n’a aucun intérêt à se décider maintenant. Mais Steve Robertson, l’agent de Kimi, fait bien son boulot et selon plusieurs sources du Paddock, Kimi aurait signé un accord de principe avec McLaren. Ce n’est pas un mauvais choix, car un duo Hamilton /Raikkonen risque d’être tout aussi performant et surtout beaucoup moins « bouillant » qu’un duo Massa/Alonso.

 

Si comme il paraît presque certain aujourd’hui, Alonso remplace Kimi chez Ferrari, les Tifosi ne vont pas sauter de joie, loin de là. Car ce qu’ils veulent, ce qu’ils croient possible depuis le projet de retour de Michael Schumacher l’été dernier, c’est le retour de leur Schumi, la reformation du duo cher à leurs cœurs Schumacher – Massa. Un rêve qui leur semble aujourd’hui réalisable, un rêve que la présence durable d’Alonso rendrait impossible, un rêve qui empêchera toute love-story entre Alonso et les Tifosi de se consommer. Un rêve qui conduira le mariage Alonso – Scuderia à un divorce pour faute dès le premier faux pas du petit toro dans ses rapports avec le cheval cabré. Un divorce à l’italienne en somme… Le cheval cabré est une espèce protégée. Il ne se traite pas avec la même désinvolture que le Losange ou Ron Dennis.

 

Mais pour les fans de Kimi, l’essentiel n’est pas là ! L’essentiel est que leur champion favori envisage l’avenir d’un bon œil. Et à ce niveau, heureusement, Kimi se montre très rassurant. Lorsqu’on lui demande s’il peut y avoir une vie après la F1, après Ferrari ? Kimi répond sereinement : « J’espère qu’il y en a une, peut-être plusieurs. Quand vous êtes dans votre course, c’est fou ce que la F1 peut vous prendre comme temps, d’énergie, de concentration. On a l’impression qu’elle nous prend à chaque fois quelque chose de nous mêmes. OK, vous avez du temps entre les GP, deux-trois jours, mais il faut repartir. Ce n’est pas vraiment une vie normale mentalement. Elle demande plus que tout. Physiquement aussi. Vivre plus de la moitié de sa vie en voyage, en hôtel, en changement d’horaire sans arrêt n’est pas normal non plus. Alors c’est vrai qu’après la F1, on a envie de faire tout ce que l’on a envie de faire et qu’on ne peut pas. ».

 

Bref, Kimi semble très serein face à l’avenir! C’est probablement cette sérénité, malgré les rumeurs incessantes et le fait qu’il vient de perdre sa grand-mère***, qui fait dire à Montezemolo que Kimi « Vit sur sa planète ». Une « planète ou il fait bon vivre » lui répondit son pilote!

 

 

*** Pour information, le 09 septembre 2009 la presse finlandaise a rapporté la triste nouvelle du décès de Sirkka Pietilä, la grand-mère maternelle de Kimi Raïkkönen, survenu à l'âge de 83 ans.

 

Cette dernière était réputée pour être l'une des plus grandes fans de son petit fils, s'affichant même vêtue des pieds à la tête aux couleurs de Ferrari dans le paddock à plusieurs occasions.

 

Le Finlandais aurait demandé à ce que les médias respectent le deuil familial et leur intimité.

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fanny 09/10/2009 16:17


Bonjour Patrice, Merci pour cet excellent article, je suis une grande fan de Kimi depuis son arrivée en Formule 1 et votr article résume absoluement tout ce que je pense de la situation. Tres
grande qualité ! merci !!


Patrice Dusablon 11/10/2009 01:36


Bonjour fanny,

Bienvenue sur Confidentiel paddocks! Bien heureux que l'artcile vous ait plu. Kimi est également mon pilote préféré avec Vettel et Rosberg, ensuite vienne Button et Hamilton, surtout Hamilton que
j'aime de plus en plus. C'est probablem,ent le pilote qui m'a le plus épaté ces dernières années.

Je vous invite à veir régulièrement sur le blog, un autre article sur Kimi sera disponible prochainement. Sa situation pour 2010 sera bien couverte également. Bref, soyez certaine que votre pilote
préféré sera à l'honneur sur ce site, comme les autres pilotes cité plus haut.

Patrice