Ronnie s’amuse

Publié le par Patrice Dusablon

Par Thierry Le Bras

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De l’usage inhabituel d’une GT Ferrari en 1966…

 

Pour la quatrième fois dans cette rubrique, l’avocat pilote Éric Trélor et Dominique (dit Dom) qui lui fit fidèlement l’assistance et l’aida à préparer – ainsi parfois qu’à remonter - ses voitures durant toute sa carrière de gentleman driver vous racontent Ronnie. Éric et Ronnie ont commencé à piloter en course en 1976. Mais dès leur enfance et leur adolescence, ils se passionnaient déjà pour l’automobile. Une passion qu’encourageait Victor, le grand-père d’Éric.

 

FERRARI 275 GT 1

 

- Quand j’étais gamin, raconte Dominique, j’avoue que contrairement à  Ronnie, Freddy et toi, je ne connaissais pas tous les modèles sportifs. Les voitures qui me faisaient vraiment rêver, c’étaient les Ferrari rouges.

 

De l’huile dans les rouages plutôt que sur le feu

 

- Comme presque tous les gosses, répond Éric. Moi, ça a été différent parce que je suis tombé dans la culture course automobile avec Ronnie et Freddy quand j’étais petit. Sans oublier Régine, la jeune compagne de mon grand-père Victor qui faisait de la course de côte, du rallye et même un peu de circuit. Mon grand-père nous amenait sur les circuits et nous admirions Régine qui se battait pour les victoires de catégorie sur des Alfa Giulia ou des Cortina Lotus. Une fois rentré à la maison, je n’en soufflais pas mot à ma mère ni à ma sœur pour ne pas mettre d’huile sur le feu. Eh oui, si l’huile est indispensable au bon fonctionnement des moteurs, versée sur les contentieux familiaux, elle fait des dégâts.

 

Précisons à l’attention des lecteurs qui ne connaissent pas l’univers de David Sarel, héros de plusieurs thrillers  écrits par votre serviteur, qu’Éric est l’oncle et le parrain de David. Mireille, sœur d’Éric et mère de David, ainsi que Denise, mère de Mireille et d’Éric, s’étaient fâchées à mort avec Victor à cause de Régine, une jolie blonde aux cheveux mi-longs, toujours de bonne humeur et pleine d’entrain avec qui le grand-père retrouvait une seconde jeunesse. Bien avant le décès de sa femme en 1960, le grand-père Victor avait quitté le domicile conjugal pour s’installer avec la belle Régine. Il avait laissé la maison à sa femme et lui versait une rente mensuelle confortable.

 

2 CV

 

Il avait promis de lui acheter en plus une 2 cv neuve tous les trois ans. Mais il ne voulait plus la voir. L’affaire  avait fait grand bruit à l’époque dans Lanester, petite commune morbihannaise où habitaient tous ses  protagonistes. Denise et Mireille avaient pris le parti de l’épouse bafouée et vouaient le pauvre grand-père Victor ainsi que sa belle compagne aux flammes de l’enfer. Éric, quoique très jeune – il avait quatre ans en 1958, date de la formation du couple Régine et Victor – n’aimait pas du tout – mais alors  pas du tout, du tout - sa grand-mère et lui préférait Régine. Beaucoup plus tard, il affirmerait à qui voudrait l’entendre qu’il existe des grands-mères Mamie Nova, qui savent faire du bon café, qui ont plein de bonnes  recettes, mais aussi des grands-mères mauvaises comme le diable qui valent largement Tatie Danielle. Au niveau look, la belle Régine au volant d’une Alfa, c’était quand même autre chose que la mémé revêche avec sa tronche à manger des gâteaux dans sa 2 cv.

 

ALFA GIULIA

 

Mais surtout, Éric ne se rappelait de sa grand-mère que comme d’une peste, une femme  méchante et mesquine. Grand-père  Victor avait donc fort bien fait de lui préférer Régine, une belle femme qui mettait du soleil dans sa vie, une femme pilote de surcroît ! La mère et la sœur d’Éric n’étaient guère sensibles aux talents de pilote de Régine. Denise et Mireille rêvaient d’interdire à Éric de voir son grand-père. Seulement, c’était impossible. Car quand le grand-père Victor venait chercher son petit-fils préféré avec sa DS, elles n’avaient pas intérêt à la ramener. Doux comme un agneau avec Régine et Éric, le grand-père Victor n’avait pas la langue dans sa poche et les deux dames la vertu n’auraient jamais osé s’opposer à lui. Le sujet resterait toujours un contentieux entre Éric d’un côté contre sa mère et sa sœur de l’autre.

 

DS 21 SIXTIES

 

Un contentieux qui ne s’éteindrait jamais et n’était pas étranger à l’hostilité viscérale que manifestent encore aujourd’hui Mireille et Denise au clan formé par Éric et David. Comme quoi, le grand-père Victore avait bien raison quand il affirmait en levant l’index de la main droite que « les vieilles rancœurs familiales, ça se répare plus difficilement qu’une carrosserie ou un moteur ».

 

Doubler une Ferrari

 

- En 1966, à l’époque de cette histoire, j’allais sur mes 12 ans, reprend Éric. Ronnie et Freddy avaient respectivement un et deux ans de plus que moi. C’était un jeudi après-midi. Comme d’habitude, mon grand-père Victor avait insisté pour laisser sa DS 21 à Régine et lui emprunter la Mini avec laquelle elle roulait  au quotidien. Cette année-là, elle courait en Cortina Lotus, mais elle n’utilisait cette voiture qu’en course. La raison de la passion du grand-père Victor pour la Mini chaque jeudi après-midi n’avait rien d’irrationnel. Il nous amenait, Ronnie, Freddy et moi du côté de Plouhinec et du Magouër et il nous apprenait à conduire sur les petites routes. Comme nous savions tous tenir nos langues, personne ne s’est jamais douté de rien.

 

MINI AUSTIN

 

« C’était au tour de Ronnie de prendre le volant. A la sortie de Plouhinec, au début de la longue ligne droite en direction de Pont-Leroy, il a rattrapé une Ferrari 275 GT rouge qui roulait à peine à plus de soixante à l’heure et dont les échappements fumaient bleu. Double, a conseillé Freddy qui savait déjà qu’il voulait déjà devenir pilote professionnel. Une Ferrari, ça se double comme n’importe quelle autre bagnole quand il y a un manche au volant. De fait, Freddy en a doublé souvent des Ferrari quand il est devenu champion du monde de F1, et des Ferrari super bien pilotées. Alors, face à une Ferrari conduite médiocrement, il était logique qu’il ait le réflexe de lui faire voir nos feux arrière au plus vite.

 

- Freddy n’a jamais été très sensible au mythe Ferrari, observe Dom. Il préférait Lotus de toute  façon. Et il n’a jamais eu la moindre envie de courir pour les Rouges.

 

LOTUS

 

- C’est vrai, approuve Éric. Freddy et moi adorions alors les Lotus, les Cobra et les GT 40. Au Mans, nous souhaitions que Ford mette la pile à la Scuderia. Nous en voulions à Enzo Ferrari de mal se comporter avec ses pilotes et nous ne lui pardonnerions jamais l’éviction de John Surtees au Mans 1966. Mon grand-père Victor n’aimait pas le Commendatore non plus. Il reconnaissait que les Ferrari étaient superbes, mais il leur préférait les Maserati, les Jaguar et les Aston Martin.

 

- Sacré Victor, plaisante Dom qui, ami d’enfance de la petite bande, connaissait naturellement le fameux grand-père et sa compagne. Je parie qu’il a imaginé Régine au volant de la Ferrari !

 

SIGLE FERRARI

 

- Tout juste. II a râlé contre le conducteur de la Ferrari en grommelant que filer un bijou à un veau pareil, c’était comme donner de la confiture à des cochons ! Si Régine avait ça, elle  gagnerait le scratch au Tour Auto, pesta-t-il. Ronnie hésitait à doubler car mon grand-père lui reprochait parfois d’avoir le pied trop lourd sur l’accélérateur. Mais il en a reçu l’ordre. Double moi ce gougnafier, a commandé mon grand-père. Ce veau insulte le cheval cabré. Ronnie ne s’est pas fait prier. Piloter une Ferrari, ça se mérite, a commenté notre ami après s’être rabattu devant la GT italienne. L’argent n’achète pas tout. C’est scandaleux de voir une pince dans le baquet d’une Ferrari juste parce que son banquier lui laisse palper assez d’oseille pour se l’offrir. Acheter une Ferrari pour en faire ça, c’est un hold-up. Ça devrait être puni pas la  loi. Mon grand –père a abondé dans son sens. Une Ferrari, c’est une œuvre d’art.

 

TESTA ROSSA

 

« Je préfère d’autres marques, c’est vrai, mais je ne supporte pas de voir un type conduire une voiture faite pour les circuits comme la mère Poupoune se traîne de la poste au marché dans sa vieille dodoche, a insisté mon grand-père Victor. La culture automobile, ça existe et ça se respecte, Bon Dieu. L’allusion à la mère Poupoune représentait l’insulte suprême dans la bouche de mon grand-père. Car il existait bien une mère Poupoune équipée d’une 2 cv à Lanester. Il s’agissait d’une veuve en forme de petit tonneau – la faute sans doute à un goût immodéré de la bouffe et des alcools que son foie en béton armé ne modérait pas -, une sorte de gourdasse attifée avec le goût d’une gardienne de bagne, une grognasse aussi hargneuse que Sumo, le bichon maltais que les Chirac durent se résigner à exiler à la campagne. La mère Poupoune s’était attirée les foudres de mon grand-père par un acharnement à la contrarier dont personne ne sut jamais s’il relevait de la stupidité – les yeux de la pauvre Poupoune ne pétillaient pas d’intelligence – ou de la mesquinerie. Postière à une époque qui inspira Pierre Perret lorsqu’il chanta sa fameuse postière avec des points noirs sur le nez et qui ressemblait à un homard –une époque très antérieure à la nôtre où les employés des postes sont devenus les plus aimables des services publics, il faut le reconnaître – la mère Poupoune s’acharna durant plus de quatre décennies à réclamer systématiquement sa carte d’identité au grand-père Victor lorsqu’il venait faire une opération sur son CCP alors qu’elle le connaissait. Certes, le fait que mon grand-père l’ait un jour traitée de vieille toupie et ait ajouté qu’elle était conne à bouffer du foin n’arrangea sans doute pas les choses. Mais quand même, elle était vraiment trop conne aussi la mère Poupoune. Et comme elle conduisait aussi mal qu’elle travaillait, les commentaires de mon grand-père étaient tout à fait justifiés.

 

2 CV 2

 

Dom approuve d’un sourire les propos d’Éric. Lui-aussi avait pris le parti de Victor contre la mère Poupoune. Comme Freddy et Ronnie bien sûr. Et ils avaient tous bien ri aux innocentes plaisanteries de Ronnie aux dépens de la toupie. Surtout la fois où Ronnie avait enfoncé une patate dans le pot d’échappement de la 2 cv. Ou encore celle où il avait laissé une carte sur le pare-brise prétendant qu’une autre automobiliste avait éraflé sa peinture avec un numéro à rappeler pour le constat. La mère Poupoune était revenue téléphoner au bureau de poste. Elle était tombée sur une prostituée qui s’occupait d’habitude du plaisir des marins de la ville. Quand la mère Poupoune avait parlé d’un rendez-vous, la fille avait répondu que d’habitude, elle ne faisait pas les femmes, mais que moyennant un petit supplément… Tout le monde avait bien rigolé. De toute façon, Ronnie, qui adorait mon grand-père, avait décrété que ça ne se faisait pas de lui faire perdre son temps et qu’il fallait que la mère Poupoune paye.

 

Conduire n’est pas piloter

 

- Hélas, nous voyions plus de 2 cv et de clones de la mère Poupoune sur nos routes que de filles canons comme Régine au volant de belles GT, soupire Dom. Pourtant, quand nous étions adolescents, il n’y avait pas de limitations de vitesses, l’essence coûtait moins cher, c’était plus facile de frauder le fisc et c’était l’époque des 30 glorieuses. Malgré tour, peu de gens se laissaient tenter.

 

LAMBORHINI MIURA

 

- Ronnie aussi faisait souvent cette réflexion, se souvient Éric. Mais tu sais, il y avait aussi moins de voitures en circulation qu’aujourd’hui. Et puis, la Ferrari représentait un signe extérieur de richesse que peu de chefs d’entreprises ou de membres de professions libérales s’autorisaient en Bretagne. Durant les sixties, la plupart des personnes ayant les moyens d’acheter une très belle voiture se limitaient à des berlines rapides, style DS 21, Alfa Roméo, BMW, Mercedes ou à la limite Jaguar. C’était sans doute un peu différent sur la Côte d’Azur et à Paris, mais chez nous, les Ferrari étaient rares. D’autant qu’elles ne jouissaient pas d’une réputation de fiabilité à toute épreuve à l’époque et qu’elles étaient très chères. De temps en temps, on voyait une Jaguar Type E, une Mercedes 280 SL cabriolet ou une Porsche 356 ou 911, mais les Ferrari, c’était vraiment très rare.

 

FERRARI + COBRA

 

- Quelque part, c’est dommage, regrette Dom. Ceux qui avaient le blé pour se payer ça à l’époque pouvaient en profiter tous les jours. Maintenant, ce n’est plus la peine de rouler avec une super auto. Dès que tu touches à l’accélérateur, tu joues à la roulette russe avec ton permis.

 

MORGAN

 

- D’autant que les routes étaient sinueuses comme des spéciales de rallye, ajoute Éric. Accélération, freinage, rétrogradage, appui, ré-accélération en montant les vitesses collé au siège dans la symphonie d’un échappement rugissant… Le bon  temps, quoi.

 

Les deux hommes se taisent quelques instants, absorbés par leurs souvenirs.

 

- Nous avons  tout de même fini par savoir ce qui se passait avec la Ferrari conduite par un manche. Elle n’est pas restée longtemps à Lorient, cette pauvre voiture. Ce fut un garagiste qui expliqua toute l’histoire à mon grand-père quelques semaines plus tard. Il paraît que la concession Fiat vendit cette année-là une voiture rouge issue des ateliers de Modène à un client qui sortait d’une DS 21. Cette Citroën n’était livrée qu’avec une boîte automatique. Lorsque le client prit livraison de sa Ferrari, le concessionnaire lui rappela qu’il ne fallait pas oublier de débrayer. Il ajouta qu’il ne devait pas rouler trop vite pendant le rodage et la ramener à mille kilomètres pour la première révision. Le client est parti, fier comme Artaban. Qui sait si sa femme ne lui a pas reproché de se prendre pour Fangio à la première accélération ?

 

FERRARI 275 GT 2

 

- Il réalisait sans doute le rêve de sa vie, observe Dom.

 

- Pour lui, réaliser son rêve se révéla aussi cruel que le poursuivre en vain, enchaîne Éric. Car quelques jours plus tard, le client revint, fort mécontent. La voiture n’affichait que sept cents kilomètres au compteur. Mais notre Ferrariste trouvait qu’elle n’avançait pas. « Je ne peux pas dépasser le 90 », se lamenta-t-il. Surpris, le patron du garage monta à côté de lui pour un essai. Et il comprit ce qui se passait. L’homme débrayait bien pour passer la première, démarrer, puis s’arrêter. Mais entre temps, il ne s’occupait que de l’accélérateur et du frein, persuadé que les vitesses passaient toutes seules. Il n’avait pas compris que la boite mécanique de sa Ferrari n’avait rien à voir avec la transmission automatique de la DS. Ronnie ne voulait pas le croire. Il croyait que mon grand-père essayait de le faire marcher. Et pourtant, c’était vrai.

 

- Le veau ne méritait pas sa Ferrari, ironise Dom.

 

- Non, pas vraiment. L’histoire se termine par un divorce entre l’homme et sa machine, conclut Éric. Les dieux de la mécanique voulaient bien qu’il touche au grisbi mais pas à une Ferrari. Le cave ne se rebiffa pas. Pendant 700 kilomètres, la Ferrari et lui avaient fait chambre commune mais rêves à part. Conduire une Ferrari, c’est pas qu’une question de vocabulaire. Le cave garda probablement toute sa vie dans sa mémoire d’éléphant qu’il s’était trompé énormément. Il rangea en sous-sol de son esprit la mélodie du V 12 Ferrari. Aux dires de mon grand-père, Il aurait vendu sa belle GT rouge, dont le moteur était rincé après les sur-régimes quotidiens en première, pour racheter une DS 21. Je ne sais pas où la Ferrari a été vendue. En tout cas à l’époque, je ne l’ai jamais revue dans les rues de Lorient.

 

La DS non plus ne manque pas d’allure

 

Le retour de notre conducteur malheureux à la DS après son échec chez Ferrari souligne en vérité les qualités de la DS Citroën qui fut une voiture exceptionnelle et très en avance sur son époque.

 

DS 21

 

- Ce n’est pas pour rien que mon grand-père a toujours roulé en DS à partir de 1955, date de sortie de la berline Citroën qui faisait littéralement figure d’OVNI, constate Éric. Imagine la à côté d’une Frégate ou d’une 403 et tu te feras une idée de l’avance de Citroën sur la concurrence. Tenue de route, freinage, facilité de conduite en faisaient une machine efficace et sûre pour des conducteurs qui se seraient transformés en dangers publics au volant d’une propulsion un peu sportive et pointue.

 

- Elle s’est même illustrée en compétition, note Dom.

 

DS TOIVONEN

 

-  Tout à fait, approuve Éric. Si sur les soutes sinueuses des rallyes sur asphalte ou des courses de côtes, il n’était pas question pour la DS d’aller chercher les Alpine, R8 Gorde, Porsche ou autres Alfa et BMW, la DS se révélait très efficace sur la neige et sur la terre. Pour preuve ses performances au Monte-Carlo dont une victoire en 1966.

 

DS COUPE DES DAMES 2

 

- Ni le Londres-Sydney 1968 qui aurait dû se conclure par une victoire Citroën, ajoute Dom.

 

-Certes,  approuve Éric. Ronnie avait 15 ans cette année-là. Je  me rappelle que cette course l’avait tellement enthousiasmé qu’il s’est mis à rêver d’y participer. Il s’imaginait à son tour préparant une DS quelques années plus tard pour se lancer dans l’aventure. Il faisait des tas de dessins et a imaginé un coupé DS raccourci ressemblant un peu à celui que Bob Neyret concevrait pour les courses sur glace.

 

DS NEYRET

 

« En 1968, le concept des courses terrestres de ville à vielle renaissait de ses cendres après les catastrophes du Paris-Madrid 1903. Max Aitken lança l’idée d’une nouvelle course de ville à vile et y associa le Dayly Miror. Ce nouveau rallye de 16.000 kilomètres partirait de Londres et s’achèverait à Sydney après avoir traversé 11 pays dont l’Afghanistan, l’Iran, les Indes. 98 voitures prendront le départ de ce grand périple. Parmi elles des Ford 20 M RS, Cortina Lotus, Falcon, une R 16 TS, des Porsche, des DS 21, des BMC, des Hillman Hunter…

 

CITROEN LONDRES SYDNEY

 

« Parmi les favoris, le récent vainqueur des 24 Heures du Mans, Lucien Bianchi qui pilotait une DS 21. Lucien mérite sans conteste le titre de pilote le plus éclectique de l’année 1968. En F1, il avait conduit sa Cooper sur la troisième marche du podium du prestigieux Grand-Prix de Monaco et à la sixième place du GP de Belgique. Avec Pedro Rodriguez, il avait triomphé aux 24 Heures du Mans. A 150 miles de l’arrivée du premier marathon Londres-Sydney, le voilà en tête de ce rallye extraordinaire ! Hélas, le sort frappe Lucien et son équipier Ogier. Il prend la forme d’une voiture de touristes qui percute la DS 21. La Citroën  est immobilisée. Le pilote et le co-pilote sont conduits à l’hôpital. Tout ça par la faute de la stupidité d’un conducteur du dimanche ! La victoire revint finalement à une Hillman Hunter.

 

- Quand Ronnie a lu ça dans les pages sportives de La Liberté du Morbihan, il était fou de rage, commente Dom. Je crois que si le crétin qui conduisait la voiture bélier qui a accidenté Bianchi et Ogier lui était tombé sous la main, il l’aurait massacré. Il était déjà costaud et adroit à la lutte, notre Ronnie. Et de toute façon, il aurait bien trouvé un cric ou une manivelle. Le chauffard aurait décampé plus vite qu’Usain Bolt en bondissant comme un kangourou, route australienne oblige. Ou alors, il aurait hurlé sa douleur avec plus de puissance vocale que Susan Boyle, un peu dans le style cantatrice hystéro – débilo – pas finie qui a loupé l’opéra et attend avec fol espoir les obsèques de gens qu’elle connaît, histoire d’y faire son cirque en chantant à l’église devant un public, celui venu rendre hommage au défunt.

 

CITROEN GS

 

- C’est sans doute de cet épisode que lui est venue à l’automne 1977 l’idée de préparer une GS pour faire les deux courses sur glace de Chamonix et de  Serre-Chevalier, complète Éric. Ces  courses se disputaient en équipage. Les deux pilotes se relayaient. Ronnie m’avait proposé de faire équipe avec lui. La GS manquait de puissance, mais sa suspension hydropneumatique pouvait constituer un argument sur la neige. Quelques années plus tard, Jean-Luc Pailler a réussi des exploits en Rallycross avec des BX groupe A équipées de suspensions utilisant le même principe. Malgré un moteur 2 litres atmosphérique bien inférieur en puissance à ceux de ses rivaux,

 

BX JEAN LUC PAILLER

 

« Jean-Luc se battait sans complexe sur les pistes de terre contre des Sierra Cosworth, des Alfa 75 T et des BMW M3. En novembre 1977, nous avons acheté une épave de GS. Ronnie devait s’occuper de la caisse et moi du budget pour préparer le moteur. Comme nous avions d’autres projets ambitieux pour 1978, nous n’avons pas pu finaliser le programme et nous avons revendu l’épave avec un bénéfice de 200 Francs que nous avons affecté à une bouffe dans un bon restau de Lorient. Nous ferions tout de même des épreuves sur neige ensemble, mais pas en GS et dans d’autres conditions. Mais ça, c’est une autre histoire…

 

- C’était une autre époque, conclut Dom. Nous avons conçu plein de projets complètement fous avec Ronnie et nous les avons souvent réalisés. Maintenant, les temps sont plus durs, la course plus chère, les concurrents sont moins  nombreux dans la plupart des disciplines et peu de pilotes amateurs réussissent à monter des coups en plus de leur programme principal, hélas.

 

Si vous n’avez pas lu les précédentes tranches de vie de Ronnie en ligne sur CONFIDENTIEL PADDOCKS, rendez-vous sur :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-36659346.html

sur :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-rounds-chocs-pour-ronnie-40060607.html

Et sur :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-le-pere-noel-gate-ronnie-41311116.html

 

Si vous voulez en savoir plus sur la DS en compétition et découvrir quelques anecdotes  humoristiques la concernant, cliquez sur :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/11/06/le-retour-de-la-ds-citroen.html

et sur :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/11/11/la-ds-ne-manque-pas-d-humour.html

 

Et pour plonger dans une gerbe d’enthousiasme au cœur de l’atmosphère automobile des belles et des bêtes mécaniques des sixties, visionnez sans retenue les photos qui suivent

 

GT 40 12

GT 40 2

GT 40 3

La Ford GT 40, arme du duel contre Ferrari au Mans

 

COBRA 1

AC COBRA 2

PX AC COBRA

En catégorie GT, les Ford AC  Cobra mordaient sauvagement la concurrence

 

MASERATI AU MANS CLASSIC

Comme Ferrari, Maserati fait partie des mythes de la course automobile

 

LOTUS ELAN 1

LOTUS ELAN 2

LOTUS ELAN 3

La Lotus Elan représenta la sportive à l’état pur. Jim Clark en posséda plusieurs pour circuler sur la roue

 

DS COUPE DES DAMES MC 66

Lucette Pointet remporta la Coupe des Dames au Monte-Carlo 1966 au volant d’une DS

 

Publié dans Univers parallèles

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