Épisode politiquement incorrect dans la carrière de Ronnie

Publié le par Patrice Dusablon

Par Thierry Le Bras

http://circuitmortel.hautetfort.com

 

Une nouvelle fois dans cette rubrique, l’avocat pilote Éric Trélor et Dominique (dit Dom) qui lui fit fidèlement l’assistance et l’aida à préparer – ainsi parfois qu’à remonter - ses voitures durant toute sa carrière de gentleman driver vous racontent Ronnie. Un épisode de la vie de Ronnie qui se déroule en 1977. Nous voici dans l’ambiance légère et parfois humoristique des courses de côte d’un été animé ! Avec, cerise sur le gâteau, de nombreuses photos de voitures de course d’époque au programme. 

 

BMW 2002 G2

 

- C’était vraiment une époque sympa, sourit Dom. Les pilotes d’aujourd’hui n’imaginent même pas ce qu’était un week-end de course à cette période.

 

SIMCA 1200 S RONNIE

 

- C’est vrai, approuve Éric. Je me souviens par exemple de Plumeliau 1977 dans le Morbihan, J’étais arrivé sur le site le vendredi soir avec Mikaël qui me naviguait toujours en rallye et venait avec moi sur les autres épreuves. La course se déroulait tout début juillet. Il faisait beau. Nous campions tous dans le parc fermé en bas du tracé. Ronnie et Luc étaient là aussi.

J’avais le  coupé Alfa Romeo GTV 2000 groupe 1. Ronnie courait sur une Simca 1200 S groupe 3 et Luc sur une 1000 Rallye 2 groupe 1. Nous figurions tous les trois parmi les favoris de nos catégories respectives.

 

Reconnaissances sauvages

 

- Vous avez commencé à reconnaître le vendredi soir, rappelle Dom.

 

504 COUPE.gif

 

- Évidemment. Nous avons d’abord fait quelques montées avec nos voitures de tourisme. Moi, j’avais un coupé Alfa 1600, Ronnie un coupé Peugeot 504 et Luc une R 16 TS. Nous amenions chacun un navigateur qui nous annonçait les notes comme en rallye. Puis au bout de quelques montées, lorsque nous connaissions par cœur, il se taisait.

 

Mais les voitures de tourisme, même performantes, ne donnaient pas la même impression que les voitures de course préparées et équipées de slicks. En fin de soirée, il était donc fréquent que les pilotes tournent avec leurs voitures de compétition. Plaques masquées, équipées de pots d’échappement libre et de pneus lisses, les machines qui allaient en découdre le dimanche investissaient la route encore ouverte à la circulation.

 

RALLYE 2 1

 

- Nous voulions préciser nos repaires de freinage, de trajectoire, préparer au mieux les montées chronométrées, reprend Éric. Ce soir-là, nous nous sommes organisés conformément aux habitudes et usages. Nous montions les uns derrière les autres, nous faisons demi-tour en haut, nous redescendions la piste lentement en convoi, et nous repartions pour une nouvelle montée. Comme souvent, Luc s’est amusé à énerver Ronnie. Ils étaient potes tous les deux, mais ils entretenaient une rivalité exacerbée. Alors, Luc se plaçait derrière Ronnie. Et  au lieu d’attendre quinze secondes après le départ de la 1200 S, il démarrait juste derrière et lui montrait en le talonnant qu’il était un peu plus vite. De toute façon, les deux voitures n’étaient pas dans le même groupe.

 

ALFA BLANCHE

 

« En plus la Rallye 2 était un peu plus performante que la 1200 S et Ronnie sans doute très légèrement moins rapide malgré un super sens de l’attaque et un cœur énorme. Voyant le jeu de Luc avec Ronnie, Jacques Dumoulin qui courait  sur une Alfa 2000 GTV blanche s’est mis en tête de jouer au même jeu avec moi. Objectivement, c’est super énervant et ça multipliait les risques dans un exercice déjà dangereux.

 

ALFA ROUGE

 

« D’ailleurs, j’ai failli me sortir dans une grande courbe rapide. J’ai pris le bas-côté et je suis parti dans une série de travers que j’ai rattrapés par miracle. Merci Saint-Christophe. Du coup, Jacques a repris ses distances lors des montées suivantes. Ronnie par contre a fait croire à Luc qu’il s’arrêtait, puis il est reparti juste dans ses pare-chocs. Luc avait tellement peur de paraître moins bon que lui qu’il a fait des tas de petites fautes et que Ronnie a fini la montée collé à son pare-choc et persuadé qu’il allait lui coller une valise le dimanche. Ils ont parié sur leurs temps au scratch.

 

SIMCA 1200 S 2

 

- Je ne me souviens plus qui a gagné cette fois  là ? questionne Dom.

 

- Luc, comme souvent. Il pariait régulièrement sur les courses ou d’autres défis sportifs avec Ronnie et remportait la mise les trois quarts du temps.

 

Fighting spirit

 

« Trois semaines après, Luc lançait un nouveau défi à Ronnie. Faire la course à vélo sur le parcours de la course de côte. Ronnie était carrossier. Luc se préparait à devenir prof de sport. Il s’entraînait comme une bête dans des tas de disciplines, faisait du vélo l’été, du vélo d’appartement l’hiver. Ronnie n’en faisait pratiquement plus depuis sa première mobylette à 14 ans. Il a fait deux ou trois sorties pour se préparer, mais c’était insuffisant. Comme en plus il était très orgueilleux, il a voulu tenir à tout prix le rythme de son adversaire au départ.

 

Copie de DUEL CYCLISTES

 

« Il s’est essoufflé et Luc l’a explosé sur la fin du parcours. Ils nous avaient demandé, à Mikael et à moi,  de venir les chronométrer et prendre quelques photos, en contrepartie de quoi, nous étions aussi invités à dîner aux frais du perdant. Je me doutais bien du résultat et je ne m’en réjouissais pas parce que j’ai toujours beaucoup apprécié Ronnie. Luc était un copain, mais Ronnie était un ami proche.

 

- C’était bien dans le caractère de Ronnie d’accepter n’importe quel pari, commente Dom.

 

LUTTE

 

- Tout à fait, complète Éric. Une fois redescendus, au moment de remettre les vélos sur la galerie, Luc a lancé un nouveau défi à Ronnie. Je te laisse une chance à la lutte, a-t-il proposé. Si tu gagnes, on considère que c’est moi qui ai  perdu et c’est moi qui paye la bouffe tout à l’heure. J’ai conseillé à Ronnie de ne pas tomber dans le piège. Il était costaud, mais Luc était plus fort que lui et ils le savaient tous les deux. Ronnie ne m’a pas écouté. Je n’ai pas insisté. Après tout, ils se mesuraient à la lutte, comme les lutteurs bretons qui s’affrontent dans le respect avant de partager le mouton dans la tradition d’amitié à la fin du tournoi. Ce n’était pas un combat de boxe ni un combat de rue. Personne ne se ferait mal. Ils s’aimaient bien tous les deux et ils venaient de faire équipe aux 100 tours de Magny-Cours sur la Rallye 2.

 

« Ronnie, le blond, a gagné la première manche. Luc, le brin, était trop en confiance. Il a- commis une erreur en laissant Ronnie lui prendre une jambe dans une prise de lutte libre. Il est tombé et Ronnie  l’a immobilisé. Mais avant, Luc avait entraîné Ronnie au bout de l’effort.

 

MATCH LUTTE 2

 

« A la seconde manche, il a fait toucher les épaules par terre à Ronnie après l’avoir littéralement asphyxié pendant quelques secondes. A la troisième manche, il n’y a même pas eu de combat. Après la montée à vélo et deux premiers affrontements à la lutte, Ronnie était rincé physiquement alors que Luc était encore assez frais. Ronnie s’est retrouvé immobilisé par terre, le bras tordu dans le dos, le tout à la première prise et sans avoir trop compris comment ça lui était arrivé. Il n’avait plus qu’à s’avouer vaincu. Lorsqu’ils se sont relevés, Ronnie et Luc se sont fait copieusement insulter par une petite vieille qui passait par-là à vélo. Elle les a traités de voyous, de blousons noirs, de gangsters (elle prononçait gangesters), alors qu’ils ne faisaient que chahuter un peu dans un esprit sportif. Ça leur faisait de l’exercice. C’était bon pour leur santé. Mikael et moi avons essayé de lui expliquer qu’ils ne se battaient pas pour de vrai, que son petit coin de paradis n’était pas envahi par une horde de barbares assoiffés de sang prêts à sortir les armes blanches, que nos camarades s’amusaient, que c’était du sport, de la lutte, bien dans la tradition de notre région, que d’ailleurs tout le monde allait dîner ensemble comme après les tournois officiels de lutte bretonne. Mais elle n’a rien voulu entendre. Au contraire, elle a usé d’un vocabulaire fort étendu dans le domaine des gros mots. Ce n’était pas une gentlewoman.

 

- Le mari de la vieille n’a pas débarqué avec la fourche et le fusil ? s’enquiert Dom.

 

PIPE

 

- Pas de danger, rétorque Éric. Le mari, il avait cassé sa pipe à mon avis. Elle l’avait usé et enterré depuis bien  longtemps. La mort est une délivrance pour les hommes capturés par cette espèce de dragons. Et comme à cette époque, ils plongeaient dans l’alcool et le tabac pour oublier leurs bourreaux en jupons, leurs corps les trahissaient assez tôt et c’était finalement une bénédiction pour eux. Ces années-là, quelques dessinateurs humoristiques croquaient les mégères. Bichette, la femme de Lariflette, comme l’épouse de Hagar du Nord, faisaient un tabac dans Ouest-France. Et n’oublions pas les mémés de Jacques Faizant, ni Bonnemine, la femme du pauvre Abracracourcix, chef du fameux petit village gaulois qui résista vaillamment à l’envahisseur. En tout état de cause, la fureur de la vieille autochtone ne nous a pas troublés. Au contraire, nous étions morts de rire. Ronnie pour sa part était tout content d’avoir sauvé l’honneur en arrachant une manche à Luc, même si au fond de lui. Nous sommes allés dîner dans la bonne humeur, aux frais de Ronnie que ni la perte du défi ni la note du repas n’avaient traumatisé. A l’époque, tu faisais un très bon dîner au restaurant  pour 50 Francs (7,50 euros) par tête, apéro et vins compris, soit moins de 8 euros.

 

LOLA LACAUD-1

 

- N’empêche que si les jeunes pilotes comme nos fils reconnaissaient les courses de côtes et les rallyes comme Ronnie et toi le faisiez à l’époque, ils auraient des ennuis avec les riverains et les flics, plaisante Dom.

 

- Tu veux dire qu’ils finiraient en taule, convient Éric. C’était une autre vie, une autre approche de l’automobile. En reconnaissant le parcours de la course de côte du Mont-Dore avec l’Alfa GTV cette année-là, je me suis fait doubler par un proto dont le pilote reconnaissait aussi sur route ouverte. Malgré nos folies, les riverains nous accueillaient bien, à part quelques exceptions comme la vieille sorcière. Certainement parce que les épreuves amenaient du monde sur les sites, faisaient fonctionner le commerce et créaient une atmosphère de fête. J’avais à peu près 22 ans à l’époque. Ronnie un an de plus, et Luc un an de moins. Nous étions un peu fous, insouciants, totalement inconscients du danger. Ronnie encore un plus que les autres, d’ailleurs. Luc et lui restaient un peu gamins, bien qu’intellectuellement et culturellement, ils étaient l’un et l’autre d’un bon niveau et qu’avec les filles, ils savaient y faire. Je ne conseillerais pas aux jeunes pilotes d’imiter nos comportements sur route ouverte, naturellement. Mais il faut reconnaître que nous avons vécu des moments complètement dingues et inoubliables, une belle jeunesse dans un temps où même « les un peu plus de vingt ans » pour parodier Aznavour ne se faisaient pas trop de soucis et ne doutaient de rien.

 

SIMCA 1200 S 3

 

- C’était aussi un temps où la course coûtait beaucoup moins cher qu’aujourd’hui, observe  Dom. Des tas de jeunes tentaient leurs chances  avec peu de moyens. Ronnie avait acheté sa Simca 1200 S pour 5.000 F (moins de 1.000 €) et nous l’avions préparé en travaillant certains soirs et certains week-ends. Les pièces n’avaient pas coûté une plaque (1.500 €) et avec ça, il a remporté des tas de victoires de classe. Pour 1978, il fallait par contre trouver une autre auto.

 

Les reines du groupe 1

 

Bien sûr, il existait bien des voitures tentantes pour un jeune pilote. Mais Ronnie était ouvrier carrossier à cette époque. Difficile d’envisager raisonnablement l’acquisition d’une des voitures qui lui auraient vraiment fait plaisir, une BMW 2002 groupe 2 ou une Ferrari Daytona groupe 4. Son budget compétition ne pouvait pas dépasser celui d’une groupe 1, c'est-à-dire une voiture de tourisme de série préparée sur la base d’un modèle produit à au moins 5.000 exemplaires sur douze mois consécutifs.

 

BMW GROUPE 2 2

Les meilleurs moteurs BMW développés en groupe 2 par Alpina, Schnitzer ou Mader atteignaient 280 chevaux. Leur son rageur mettait Ronnie en extase, mais leur coût de préparation lui remettait les pieds sur terre.


FERRARI DAYTONA G4

La Ferrari Daytona groupe 4 restera  une des plus belles GT de tous les temps. Hélas, si le Suisse Bührer l’engagea en course de côte et si des gentlemen  drivers fortunés font encore courir cette auto  en VHC, les moyens financiers de Ronnie ne lui permettaient pas de préparer une  saison 1978 à son volant

 

- Au début de la saison 1977, Ronnie observa avec attention les 2 litres du groupe 1, reprend Dom. Plusieurs modèles le tentaient : l’Alfa 2000 GTV, l’Opel Kadett GTE, la Fiat 131 Abarth, voire la Triumph Dolomite.

 

ALFA ROMEO 2000 GTV

 

« Il aimait beaucoup l’Alfa et aurait bien racheté la tienne, Éric, puisqu’il était prévu que tu changes de catégorie. Le fameux virus Alfa l’avait frappé très jeune. Il avait essayé ton Alfa plusieurs fois et se sentait à l’aise à son volant. Il se souvenait de la victoire de Gérard Larousse en groupe 1 au Monte-Carlo avec le coupé 2000 GTV Bertone. Seulement, l’Alfa commençait à vieillir. Elle arrivait en bout de développement.

 

KADETT GTE

L’Opel Kadett GTE, irrésistible en rallye mais juste en course de côte. Ici  celle de Jo Busnel à Saint-Germain sur Ille

 

« La Kadett GTE prenait l’avantage en rallye. L’Escort 2000 RS devenait dangereuse en côte. Fiat ne consentirait pas les efforts espérés pour offrir à sa 131 Abarth une fiche d’homologation la rendant compétitive en groupe 1.

 

TRIUMPH DOLOMITE

Performante, mais coûteuse à préparer et difficile à exploiter, la Triumph Dolomite ne convainquit pas beaucoup de pilotes en course de côte. Ici la version groupe 2 de Patrick Bourdais, le papa de Sébastien !

 

« Quant à la Dolomite, puissante et performante en circuit, elle nécessitait un investissement colossal et une maintenance importante. Tous les copains rencontrés au bord des pistes le découragèrent bien vite de cette aventure. Il écarta aussi la Kadett GTE, pas assez puissante en course de côte.

 

- Au début de l’été, il se mit à rêver d’une voiture de 3 litres, l’Opel Commodore GSE, se souvient Éric.

 

COMMODORE GSE 1

COMMODORE GSE 2

COMMODORE GSE 3

Les frères Jacky et Jean-Louis Ravenel firent partie des pilotes qui fabriquèrent le palmarès de l’Opel Commodore GSE

 


« Le gros coupé allemand lui plaisait énormément. Il trouvait que la Commodore mettait le pilotage des attaquants comme lui en valeur. Il pensait pouvoir en monter une pour un prix raisonnable en partant d’une épave. Mais il déchanta au Mont Dore. Car au début du mois d’août 1977 sur la route du Col de la Croix Saint-Robert, l’Allemand Herbert Stenger et sa Ford Escort 2000 RS firent trembler les Commodore et il fallut toute la rage de vaincre du toujours excellent Jacky Ravenel pour le devancer au terme des deux montées de course le dimanche. En 1978, les Escort prendraient  définitivement le pouvoir, c’était certain, et les premières Commodore seraient dépassées.

 

ESCORT 1

ESCORT 2

Nouvelle caisse (comme la bleue, pilotée par Francis Dosières) ou ancienne caisse (comme la noire, pilotée par René Jouan), les Ford Escort 2000 RS devinrent imbattables en course de côte dans la catégorie groupe 1 à partir de 1978

 


- Ronnie n’avait rien contre l’Escort, précise Dom. Seulement, il redoutait qu’une fiche d’homologation à rallonges et évolutive fasse exploser le budget d’une saison. En plus, nous entendions beaucoup parler d’astuces de préparateurs pour la faire marcher. Attention, je ne parle pas de tricheries, mais de savoir-faire qui requérait le recours à un spécialiste forcément coûteux. Or, Ronnie faisait presque toute sa préparation lui-même avec mon aide et la participation occasionnelle de Michel et André, deux copains ingénieurs chez Vivia qui étaient très pointus en préparation moteur et suspension mais ne connaissaient pas toutes les marques. Moi, j’étais ébéniste. Si je pouvais poncer une carrosserie ou mettre des pièces où Ronnie me disait de les mettre, ce n’était pas moi qui allais lui dire qu’un silentbloc de tel type installé d’une certaine façon apportait un petit plus dans le montage du train arrière. Ni qu’il fallait tremper les ressorts dans un acide particulier avant de modifier leur forme pour améliorer la façon dont ils travailleraient à l’effort. Il nous fallait donc une voiture plus simple, où la préparation de la caisse et de la suspension se limiterait au montage de pièces et où ce que nous ne pouvions pas faire nous-mêmes sur le moteur resterait abordable. Nous en avons passé des soirées à travailler sur l’auto après un dîner avalé sur le pouce quand ce n’était pas un sandwich au jambon dans l’atelier de carrosserie où travaillait Ronnie. Ça ne nous dérangeait pas d’ailleurs. J’étais fier d’avoir participé quand l’auto arrivait sur une ligne de départ. Mais nous avions nos limites au plan technique, même si de saison en saison, nous avons aligné des voitures de plus en plus évoluées. Nous faisions comme beaucoup de gars qui couraient sans gros moyens en vérité. Nous compensions en donnant de nos personnes sur les voitures.

 

FORD CAPRI 3 LITRES

La Ford Capri 3 litres (ici celle de Marcel Grué) serait très à son aise en circuit, mais un pont trop long lui interdirait de taper les Escort en course de côte

 

1978 marqua un tournant dans le sport automobile, constate Éric. D’une part, même dans les catégories de voitures de tourisme de série, il ne serait plus possible d’être compétitif en côte, en circuit et en rallye avec la même voiture. D’autre part, les fiches d’homologation, c'est-à-dire la liste des pièces spéciales qu’il serait possible de monter sur une voiture du groupe 1 firent exploser les coûts. Ronnie se grattait la tête en se demandant quoi faire.

 

RALLYE 3

La Rallye 3, petite mais costaud et imbattable dans la catégorie des 1151 – 1300 cm3. Ici celle de Christian Dzierdzbicki  à Saint-Gouëno

 

- Parmi les voitures accessibles aux amateurs figurait aussi la Talbot Rallye 3, ajoute Dom. Ces machines furent nombreuses en course de côte et en rallye. Seul problème pour Ronnie, Luc avait affirmé son intention de courir sur une Rallye 3 en 1978. Or, Ronnie et Luc au volant de voitures identiques, ça voulait dire une caisse par week-end. Ils seraient allés tellement loin dans la recherche des derniers millièmes qu’ils auraient pulvérisé leurs voitures une fois sur deux.

 

TL 1977 1

 

- A la fin du mois d’août, Ronnie a eu une idée, raconte Éric. Il a réparé à l’atelier de carrosserie une Audi 80 GTE. Il l’a essayée pour voir si tout allait bien avant de la rendre au client. Son efficacité l’a surpris, tant au plan de la tenue de route que de la motricité. Il a alors envisagé de monter une Golf GTI groupe 1. Pendant quelques semaines, la petite bombe de chez VW lui parut la solution idéale à ses hésitations quant au choix de sa prochaine arme pour les courses de côtes. La Golf GTI avait été présentée l’année précédente au salon de Francfort. 110 cv pour 810 kg, une véritable petite bombe. En optant pour ce modèle, Il était sûr de faire le bon choix. Certes, il s’agissait d’une traction avant. A cette époque, peu de tractions brillaient en compétition. La R 12 Gorde n’avait guère convaincu les puristes. Les Saab ne s’illustraient que sur la neige et la glace. La R 5 Alpine, certes sympathique, ne saurait rivaliser avec sa rivale germanique. En 1977, la Golf GTI dominait sa catégorie de cylindrée en groupe 1. Et puis pourquoi se focaliser sur le dictat des propulsions ? D’autant que deux autres tractions tenaient déjà des places à part dans l’histoire de la course, la fabuleuse Cooper S et le coupé Lancia Fulvia. Comme Ronnie possédait un style généreux et qu’il balançait volontiers l’auto en entrée de virage, il s’accommoderait bien d’une traction.

 

GOLF 3

 

- Notre plan était simple, complète Dominique. Nous allions chercher une Golf GTI mise en épave, acheter une caisse nue neuve, et monter la prochaine voiture de Ronnie pendant les longues soirées d’hiver. La Golf était polyvalente. Elle marchait aussi bien en côte qu’en rallye ou en circuit.

 

GOLF EN RALLYE

 

« Ronnie se voyait bien attaquer à mort en rallye avec une Golf. Nous avons donc envisagé de nous inscrire au moins à la Ronde dArmor, au Critérium de Touraine et au Point d’Alençon en plus des courses de côtes. Par contre, nous avions préféré écarter le Côte Fleurie qui se déroulait de nuit fin février. Nous n’avions pas envie de risquer de casser l’auto sur une plaque de verglas ou dans le brouillard dès sa première sortie.

 

CAMARO 78 RONNIE

 

- En fait, ce projet de Golf n’a pas vu le jour, conclut Éric. Il fut victime d’un autre projet encore plus excitant qui s’est lui aussi transformé. Après avoir rêvé d’une barquette Lola puis craint de devoir se rabattre sur une modeste Autobianchi Abarth, Ronnie a reçu le soutien d’un sponsor inattendu qui lui a permis d’acheter une voiture plus puissante et plus chère que prévu, la Camaro qu’il a remontée et redécorée avec ton aide. Il ne fait donc pas partie de la longue liste de pilotes qui ont construit le palmarès de la Golf GTI dans ses différentes versions et évolutions.

 

- C’est vrai qu’il y en a eu un paquet de Golf en course. Si je te demandais de m’en citer quelques unes qui t’ont marqué, tu penserais auxquelles.

 

GOLF CATY CALY

 

- Comme ça, d’entrée, je dirais celle de Caty Caly en Rallycross, répond Éric. La voiture avec laquelle elle a conquis son premier titre de championne de France en 1985.

 

GOLF CHASSEUIL

GOLF LOMPECH

 

- Moi, je suis tenté de dire celles de Chasseuil et Lompech au Touraine 1981, réfléchit Dom

 

Si l’auteur de cette petite fiction – et de la plupart des photos qui l’illustrent – se  souvient avec émotion de la Golf, c’est qu’il courut lui-même plusieurs saisons avec cette voiture :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2008/09/24/thierry-le-bras-raconte-des-souvenirs-de-course-automobile.html

 

Et si vous n’avez pas lu les précédentes tranches de vie de Ronnie, le gentleman driver au gros cœur, rendez-vous sur :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-36659346.html

sur :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-rounds-chocs-pour-ronnie-40060607.html

sur : 

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-le-pere-noel-gate-ronnie-41311116.html

et sur :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-ronnie-s-amuse-44471096.html

 

Ces notes sont, elles-aussi, très largement illustrées de photos Vintage.

Publié dans Univers parallèles

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Thierry 08/05/2010 16:50


Mario, Bonjour,

Je n'y avais pas pensé mais je serais ravi de transcrire les aventures de Ronnie en BD. Seul problème, mais de taille, rassembler un dessinateur et un éditeur autour de l'idée de base. Si des
amateurs sont tentés, je ne demande pas mieux que d'adapter les scenarii. Ce serait même une très belle aventure avec un résultat bien conforme à la mode Vintage.

Amicalement,

Thierry


Patrice Dusablon 08/05/2010 22:34



Bonjour Mario et Thierry,


 


Premièrement bienvenu à Mario sur le blog! Deuxièment, l'idée d'une BD sur les avantures de Ronnie serait excellente, bien qu'elle nécessite de constituer une équipe. C'est justement le genre
d'aventure qui collerait bien dans une BD.


 


Salutations cordiales


 


Patrice



MARIO 06/05/2010 17:08


Xcellen. pourqoi vs fêtes pas 1 BD sur papié ave Ronni