Raïkkönen, un pilote bavard et travaillant ?

Publié le par Patrice Dusablon

Par Patrice Dusablon

 

Ce week-end, Kimi Raïkkönen disputait son second rallye WRC avec Citroën, son troisième au volant d’une C4. Malheureusement, ses deux premières présences en WRC furent marquées par des accidents qui pénalisèrent grandement en termes de résultat. Lors de la manche d’ouverture de la saison, en Suède, Kimi réussit à rallier l’arrivée même s’il tapa un mur de neige. Avec du recul, il tire d’ailleurs un bilan positif de sa performance « Le point positif est d’avoir pu parcourir toutes les épreuves spéciales du Rallye de Suède. Nous avons beaucoup appris. Nous aurions pu faire mieux sans quelques petites fautes mais nous avons réussi à améliorer nos temps au fil de l’épreuve. C’était notre objectif initial. Les seconds passages étaient bien plus faciles. J’ai senti une grande différence en étant de plus en plus en confiance avec mes notes. Avec l’expérience, les choses vont être de plus en plus faciles. »

 

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Ça tape fort en WRC

 

Kimi ne fut toutefois pas en mesure de rallier l’arrivée ce week-end au Mexique. Dès la 1ère spéciale disputée ce matin, le Finlandais s’est fait une frayeur en heurtant un rocher, mésaventure dont il n’a pas le monopole mais qui peut ne pas rester sans conséquences. « La biellette de direction était tordue, mais nous avons pu réparer avant le départ de la spéciale suivante, » voilà l’impact plutôt limité de ce contact. Ayant poursuivi sa route sans encombres, Kimi a perdu toute chance de briller dès l’ES2, victime d’un problème de pompe à essence qui lui vaudra 36 minutes de retard au point stop. « Nous avons dû nous arrêter après trois kilomètres. Nous avons mis du temps à trouver l’origine du problème. C’était simplement un connecteur desserré, » résume le pilote.

 

Reparti avec une C4 endolorie, et en particulier une direction tordue, Räikkönen est véritablement entré dans la course et est parvenu à signer de belles performances, notamment le 4ème temps ex-aequo avec Dani Sordo sur la Street Stage de fin de matinée. Mais un ultime grain de sable a grippé la machine finlandaise à la fin de l’ES7 : la C4 n°8 est sortie de route à l’approche d’un virage rapide. « La voiture a glissé dans le bas-côté alors que nous abordions une courbe. Nous avons fait des tonneaux, mais tout va bien pour Kaj [Lindström] et moi. » Hé oui, le chat noir de Kimi semble vouloir s’acharner sur lui aussi en WRC. Heureusement, il s’est déjà forgé le caractère en F1, particulièrement chez McLaren, où la fiabilité fut longtemps le talon d’Achille de l’écurie anglaise, ce qui coûta probablement deux titres à Kimi (2003-2005).  

 

 

« Kimi a perdu du temps ce matin à cause d’un problème technique qui ne lui est pas imputable, » analyse Benoît Nogier, team manager du Citroën Junior Team. « Il a ensuite signé des temps plus qu’honorables. Il avait décidé de hausser le rythme dans l’ES7, une spéciale dans laquelle il se sentait bien. » Et Raïkkönen confirme ce que son team manager laisse sous-entendre, il a raison d’être déçu « Ma plus grande déception est de ne pas pouvoir poursuivre car je voulais passer du temps dans la voiture. Je commençais à avoir de bonnes sensations et je voulais attaquer un peu plus. Je pense que nous serons plus forts pour la prochaine épreuve. Même si je suis déçu aujourd’hui, j’aime vraiment cette aventure en rallye. »

 

Réussir où Ferrari à échouée !

 

Pour ma part, le point le plus positif que je constate est que Kimi semble s’adapte à merveille dans son nouvel environnement. Pour être honnête, c’est avec un « sourire en coin » que je constate que Kimi s’intègre très bien dans sa nouvelle écurie « latine ». Bien qu’il faille le rappeler,  pour Ferrari, René Arnoux, Jean Alési, Alain Prost et les français ne sont pas des latins. Ferrari n’a pas réussit à créer un climat propice à l’intégration de Raïkkönen, chose que McLaren a pour sa part bien réussi. Et Citroën (pour moi une équipe latine) paraît bien répondre aux besoins de Kimi pour son intégration à l’équipe. Les commentaires sont positifs pour ne pas dire inattendus.

 

 

Kimi fut toujours taxé par la presse comme un individu froid, sans compétence humaine et qui communique peu. Ou encore comme un fainéant, qui ne travail pas en équipe et qui se perd en technique. Mais selon sa nouvelle équipe, ce serait tout le contraire ! En fait, même des journalistes de la presse spécialisée en WRC constatent que le personnage est à des années lumières de l’image qu’il donne. Le premier à les mettre sur la piste est Dani Sordo « Il n’échange peut-être pas avec la presse mais qu’est-ce qu’il est bavard ! J’ai mangé avec lui hier soir et il n’a pas arrêté de parler. Et blablabla et blablabla… C’est un mec sympa. »

 

Son nouvel ingénieur, Cédric Mazenq, est également très heureux de collaborer avec Kimi « Kimi connaît bien la mécanique mais il ne se prend pas pour un ingénieur. En fait, il possède un bon dosage qui permet d’avoir des remontés intéressantes. Il dialogue avec nous pour apprendre et comprendre. Il a un ressenti très fin et nous a déjà bluffés sur des clics d’amortisseurs dont il voyait la différence. Son souhait est d’avoir une auto précise et réactive. »

 

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Kimi avec son équipe

 

Bref, les compétences humaines de Kimi ne sont peut-être pas celles que l’ont croit, ou plutôt celles que certains nous ont décrites, pour ne pas dire bourrer la tête comme des cruches ! Et pourtant, il semble qu’il en soit tout autrement selon Mazenq « J’ai découvert une personne tout à fait différente de celle à laquelle je m’attendais. On le disait psycho-rigide et pas communicatif, or c’est tout l’inverse. Il est jovial, avenant avec tout le monde et met une super ambiance dans le team avec toujours un petit mot pour tous. Clairement, il est plus chaleureux que froid comme annoncé, c’est une bonne surprise ! » Au fond, peut-être que le Kimi que Citroën attendait n’existe tout simplement pas… »

 

À qui la faute ?

 

Évidemment, les informations qui sont diffusées aux fans proviennent des journalistes. Il va donc de soi que la réponse trouve  en bonne partie sa source dans la presse. Soyons clairs, Kimi fut victime d’une campagne médiatique négative sur une longue période. Froid, fainéant, mauvais technicien ou renfermé furent les qualificatifs qui furent longtemps associés à Kimi dans une certaine presse. En fait, tout a été fait pour l’expulser de son baquet chez Ferrari, les journalistes y voyant peut-être quelqu’un d’autre qui attire plus l’attention ? Plus de déclarations sensationnalistes, plus de scandales, autant le dire plus de faits divers (un par saison par exemple) et malgré tout plus de partenaires financiers…

 

Cette campagne de dénigrement, elle dure depuis 2008. Et c’est sans compter toutes les informations erronées qui furent diffusées dans la presse « pipeau » qui pratique du « journaliste de ti-cul » juste pour faire du sensationnaliste sur le dos d’une star. Il est normal que Kimi ait développé une sorte de carapace, ne cherchant pas à faire la différence entre les journalistes bidons et la presse spécialisée, qui s’intéresse à sa passion. Et comment lui en vouloir ! Suite à une saison 2009 difficile où il a porté la Scuderia à bout de bras, il a durement constaté qu’une campagne de dénigrement bien orchestrée et les millions d’une banque sont finalement venus à bout de ses efforts en piste.

 

Au bout du compte, il semble que plusieurs journalistes récoltent auprès de Kimi ce que certains de leurs pairs ont semé. Kimi n’a plus confiance en la presse. Et c’est logique. Il a bien compris que certains commentateurs œuvraient activement dans le but de le salir, de le discréditer et de le chasser de son baquet Ferrari. Les manœuvres déloyales de journalistes intégrés au monde de la F1 ne sont certes pas nouvelles. Dans son roman « Morts en Formule 1 », Christian Vella les souligne sans complaisance. Grand reporter à L’Équipe, rédacteur en chef à TF1, producteur délégué d’Auto Moto, Christian Vella connaît parfaitement le monde de la discipline reine du sport automobile pour l’avoir fréquenté et analysé sans relâche depuis de nombreuses années. Et il explique comment des journalistes renommés oublient le B.A. BA du métier pour se transformer en « porte-plume » serviles et peu regardants du pilote dont ils assurent la promotion.

 

Le 4 mars 2003, Cécilia Attias (ex-Sarkozy) expliquait dans la Matinale d’Europe 1 que certains médias prenaient des personnes pour cibles, les critiquaient systématiquement et jetaient en pâture au public des infos non vérifiées et souvent fausses. L’ex-épouse du Président français s’est souvent sentie trahie par les médias et dénonça au micro de Marc-Olivier Fogiel la pression insupportable qui lui fut infligée. Eh bien Kimi Räikkönen a subi le même phénomène – sans parler de campagnes hostiles et haineuses trop entretenues sur le web pour ne pas avoir été savamment orchestrées. Certains – et certaines - sont allés très loin pour lui nuire auprès du public. Que dire d’une journaliste d’un grand média qui l’insulta dans son magazine l’été dernier et lui reprocha de ne pas donner assez à la presse. A dire vrai, plus d’un lecteur ayant étudié le Docteur Freud en cours de philo se sera interrogé sur l’aspect « acte manqué » de cette phrase. Qu’est-ce que Kimi ne donne pas à la presse ? Des soirées VIP où l’on trouve à se détendre ? Des petits cadeaux ? Des faits divers ? Autre chose ??? Mais du spectacle en tout cas, il en donne aux spectateurs et téléspectateurs, ce qui constitue tout de même l’essentiel de son métier.

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Schuminette83 10/03/2010 17:44


C’est vrai qu’à bien y réfléchir, il y a des commentaires sur les pilotes de F1, ils sont drôlement orientés peuchère. A croire que certains des journalistes dans le milieu, ils font la réclame
pour un pilote comme pour une marque de lessive. Il y a le plus blanc que blanc et le moins blanc que blanc comme il aurait dit Coluche. Certains des journalistes de la F1, c’est comme s’ils
voulaient marteler leur pub contre Kimi et Lewis aussi et pour l’autre là, celui-là à qui la grosse banque aux coffres pleins d’or sorti d’on ne sait où en ces temps de crise, elle a acheté son
volant. Et je ne parle pas de certaines filles. Si je parlais à des hommes comme elles crient leur amour à l’autre là dans leurs articles, mon bonhomme il dirait que je vais le faire cocu et il me
ferait une scène. On va le regretter quand même notre Kimi en F1, surtout en réalisant ce qu’on lui a fait pour qu’il parte. Et ça fait des frissons dans le dos de penser que ça peut arriver à tous
nos pilotes favoris qui ne sont pas le chouchou des grands manitous. Me voilà toute chose moi, rien qu’à penser à ce qu’ils sont capables de faire à mon petit Felipe pour mettre l’autre là en
valeur à ses dépens. Et j’espère bien que mon Schumi, il va mettre de l’ordre là-dedans. Quelque chose me dit que s’il y en a que ça les démange de le chercher dans leurs commentaires, ils vont le
trouver je vous dis, moi.