Le grand bluff

Publié le par Patrice Dusablon

(une analyse de l’infiltré)

 

Flavio Briatore assigne la FIA devant le tribunal de grande instance de Paris afin d’obtenir l’annulation de sa radiation à vie du sport automobile ainsi que  des dommages et intérêts de l’ordre d’un million d’euros.

 

Selon plusieurs sources, l’ex-patron de l’écurie Renault a toutes les chances de gagner ce procès. Le Conseil mondial a violé tant de règles juridiques élémentaires dans la procédure à son encontre qu’il est permis de s’interroger sur sa volonté réelle au-delà du maintien en F1 de Renault. L’affaire fera l’objet d’une audience le 24 novembre prochain

 

 

Le dossier Briatore sera donc la première épine dans le pied du prochain président de la FIA dont l’identité sera connue vendredi. Compte tenu du risque judiciaire, il est vraisemblable pour ne pas dire probable que le nouveau président étrennera son mandat par une annulation pure et simple des sanctions prononcées contre Flavio Briatore. L’Italien pourra dès lors poursuivre ses activités en F1, à l’exception peut-être de son poste chez Renault chez qui une réintégration ne semblerait pas envisagée pour l’instant.

 

Dans quelques semaines ou quelques mois au plus, le droit de tricher en F1 deviendra officiel puisqu’aucune sanction réelle ne subsistera plus au titre du hold-up organisé sur le Grand-Prix de Singapour 2008 (à part éventuellement celle prononcée contre l’ex stratège de l’équipe qui deviendrait l’unique lampiste de service). Un privilège du tricheur soumis à une seule réserve, que le résultat auquel la malversation a concouru satisfasse les grands manipulateurs de la si prestigieuse Formula One.

 

Briatore bientôt de retour, c’est en tout cas une excellente nouvelle pour les supporters de Fernando Alonso. Son mariage avec Ferrari suscite des réserves, y compris dans la presse espagnole. Sa cohabitation annoncée avec Felipe Massa et Michael Schumacher fait naître bien des inquiétudes. Les récentes déclarations du champion brésilien quant à la culpabilité de son futur équipier dans l’affaire de Singapour 2008 ne sont pas de nature à rassurer les soutiens d’Alonso. Les  exigences de l’Espagnol visant l’éviction de Michael Schumacher des stands Ferrari ne réjouissent guère les tifosi.

 

 

Alonso arrive chez Ferrari en qualité de riche client pourvu de la manne financière de la très puissante banque Santander. Ses exigences étaient prévisibles, sinon déjà prévues. C’est logique après ce que paye Santander. Alonso aura forcément son mot à dire sur la composition et le rôle du personnel affecté à son service (seconds pilotes compris). Il entend aussi disposer du pouvoir d’écarter de la maison les intendants qu’il n’a pas envie de voir, quel qu’ait été leur passé glorieux au sein de Ferrari. S’il n’est pas content du service ou si l’hôtel 5 étoiles Ferrari ne satisfait pas ses exigences, un divorce à l’Italienne sera difficilement évitable. De nombreux observateurs s’angoissent déjà de la compatibilité de la personnalité ainsi que du talent de Felipe Massa avec le rôle de soubrette qui lui est dévolu dans les plans du richissime client. Si seulement Felipe retrouve son baquet…

 

Le retour de Briatore aux affaires soulagera donc les supporters de Fernando. Une fois la tourmente apaisée et après une habile campagne de communication œuvrant à sa réhabilitation et à l’oubli de ses péchés, le beau Flavio pourra racheter l’unité d’Enstone pour un prix symbolique. Qu’est-ce qui s’opposerait à l’opération fin 2010 ? Flavio rebaptisera l’écurie Briatore Racing. A moins qu’un schéma de rachat d’Enstone intervienne plus tôt et que Briatore soit réintégré par le repreneur  à un poste clé en attendant une intégration au capital. Et comme ça, en cas de clash avec Ferrari, Alonso  pourra  trouver refuge chez le vieux compère si attaché à la défense de ses intérêts. L’herbe sera toujours plus verte pour lui qu’ailleurs chez le bon tonton Flavio !

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