Je mets mon drapeau (rouge) en berne!

Publié le par Patrice Dusablon

Par Patrice Dusablon

 

 

Le 30 septembre 2009, Ferrari annonce l’embauche de Fernando Alonso pour 2010, au détriment de son champion 2007. Soudainement, un sentiment étrange s’empara de moi. Comme le mélange d’une profonde honte et surtout de crainte face à un mon équipe favorite. Je me suis mis à penser à mes pilotes favoris qui passèrent chez les Rouges. Mon compatriote Gilles Villeneuve, dont les talents d’équilibriste et son pilotage toujours à la limite restent encore bien encrés dans la mémoire des Tifosis. Schumi, avec ses remontées endiablées, ses titres et son dévouement pour Ferrari. Ou encore Kimi qui gagna dès sa première course chez Ferrari. Il remporta le titre à l’issue de sa première année chez Ferrari. Sa loyauté au sein de l’équipe fut toujours sans reproche. Bref, j’ai beaucoup de difficulté à accepter qu’Alonso s’ajoute à cette liste. C’en est trop! Je me lève et je vais dans ma chambre pour décrocher le drapeau de Ferrari qui s’y trouve depuis dix ans pour le ranger dans un tiroir.

 

Ensuite, j’ai appelé une de mes amies italiennes, vrai fanatique de Ferrari pour savoir si elle est au courant :

 

Patrice : Francesca, c’est Patrice. Et puis, Alonso chez Ferrari?

Francesca : Pourquoi tu m’appelles pour me demander ça? Ferrari a déjà trois pilotes d’essais, pourquoi en embaucher un quatrième?

Patrice : Non, c’est fait, Ferrari viens de l’annoncer aujourd’hui.

Francesca : Et Kimi?

Patrice : Remercié sans classe!

Francesca : Scandaleux! Quelle est la durée du contrat? Ça veut dire que Schumi ne reviendra surement pas?

Patrice : Non, avec un contrat de 3 ans plus 3 années d’option, Schumi ne reviendra surement pas à moins d’un divorce prématuré.

Francesca : TABERNACLE!!! J’espère que Massa n’en fera qu’une bouchée. Je te laisse, merci de m’avoir prévenue.


Le remerciement de Kimi a choqué

 

Et force est de constater que ça représente l’opinion de bien des fans de Ferrari en général. Contrairement à ce qu’une partie de la presse francophone essaie de nous faire croire, Moncet et Anne Giuntini en tête, Alonso est loin d’être vu comme le nouveau messie. Au contraire, le remerciement injustifié de Kimi semble avoir grandement choqué et l’arrivée d’Alonso soulève plus de crainte que de joie. D’abord, la crainte qu’il sème la zizanie comme il l’a fait chez McLaren en 2007. Mais surtout la crainte que Felipe Massa ne puisse défendre ses chances à armes égales avec son coéquipier. Cette angoisse résulte des garanties techniques que Flavio à sûrement pris soin de négocier pour son pilote. Des garanties qu’Alonso a évoquées en interview avant le Crash Gate l’été dernier en cas de passage chez Ferrari ; une allusion qui prend tout son sens après le scandale. Il n’y a qu’à lire les commentaires sur Eurosport pour voir « qu’Alonso en Rouge » est loin de susciter la sympathie. Sur le réseau social de RDS, Le grand club, on pouvait lire « Honte à la Scuderia » sur les blogs de participants. Le site Grazie F1, dédié à l’écurie Ferrari, a écrit une lettre ouverte à Kimi, qu’on peut lire en cliquant ici http://grazie-f1.net46.net/Lettre-ouverte-a-Kimi-Raikkonen. Enfin, plusieurs pétitions sur le web ont circulé pour s’opposer à l’embauche d’Alonso ou éviter le bris de contrat de Räikkönen selon les points de vue. Le chiffre de la signature de 7000 tifosis a circulé sur le web, mais c’est difficilement vérifiable, donc à prendre avec réserve ; ce sont peut-être beaucoup plus de supporters de Ferrari et de Kimi qui réagissent.

 

De plus, l’annonce de Fernando chez Ferrari n’a pas créé le « buzz » médiatique anticipé. Au JT de 20 heures le 30 septembre, Laurence Ferrari a annoncé sans entrain et avec une mine dubitative : « F1, Fernando Alonso va tenter de relancer sa carrière il a signé un contrat pour trois saisons avec l’écurie Ferrari. » Le jeudi matin 1er octobre dans la Matinale sur Europe 1, Marc-Olivier Fogiel n’a même pas annoncé la nouvelle, se contentant d’énumérer des résultats de foot dans les infos de sport. Et ce tant à 7 heures 30 qu’à 8 heures et à 8 heures 30. Enfin, Bérengère qui anime les infos de 9 heures ne l'a  pas mentionnée non plus. Tandis qu’au Québec, le début de la saison de Hockey a tout simplement éclipsé cette nouvelle, qui fut annoncée plus que rapidement et sans grand intérêt.

 

 

L’antithèse du pilote « Ferrari type »?

 

Si Schumi a autant marqué les Tifosis que le livre des records de la F1, je dois admettre que c’est un autre nom qui me vient à l’esprit pour décrire le pilote « Ferrari type »… Gilles Villeneuve! Et qui de mieux qu’Enzo lui-même pour décrire ce que doit être un grand pilote de chez Ferrari : « Certains l’ont surnommé l’Aviateur, alors que d’autres le croyaient fou. Des critiques s’élevèrent déjà le jour où il disputa ses premières compétitions en motoneiges, et bien que je le comparais souvent à Nuvolari, on me reprocha de l’avoir engagé. Mais par son style flamboyant, sa maîtrise, la manière dont il changeait de vitesse et freinait, il nous montra ce qu’un pilote devait faire pour défendre sa position ou faire face à une situation inattendue. Il fut un véritable champion et un don au monde entier, apportant la gloire à l’écurie Ferrari. Je l’aimais beaucoup. »

 

 

Même s’il ne fut pas sacré champion du monde, Gilles marqua les tifosis et les fans de F1 à jamais. Sa lutte d’anthologie avec René Arnoux à Dijon, fut sans doute l’une des passes d’armes les plus spectaculaires de l’histoire de la F1. Son retour au stand sur trois roues après une sortie de piste, où il fallut une certaine force de persuasion pour le convaincre que sa monoplace n’était pas réparable. « Tant qu’elle roule, je peux la piloter. », déclara-t-il à sa descente de voiture. Bref, Gilles ne se battait que pour la gagne. Son approche de la course a toujours été simple, battre celui qui est devant soi.

 

C’est pourquoi je suis plus que déçu de voir arriver chez Ferrari un pilote que j’ai vu trop souvent « assurer la deuxième place » pour gagner deux titres en « épicier », profitant des abandons de ses adversaires. C’est ce qui me laisse penser que si Alonso avait été dans la Ferrari de Gilles au Grand Prix de France 1979, il aurait probablement « assuré la troisième place ». Mais surtout, lorsque je me rappelle la façon dont il a réagit face à Massa, qui a « osé » se défendre lorsqu’il le dépassa au Grand Prix d’Europe 2007, je doute qu’Alonso ait les qualités humaines pour accorder à ses adversaires le même respect que Villeneuve et Arnoux ont toujours eu l’un pour l’autre suite à leurs passes d’armes.


 

Et c’est justement là que le bât blesse pour la « diva espagnole », l’humanisme! Gilles n’aurait accepté une victoire par « Crashgate » et aurait probablement remis symboliquement à Nico Rosberg le trophée de la victoire. Du moins, il n’aurait jamais clamé dans la presse que sa victoire garde toute sa valeur, « On ne peut jamais décider d'une course au 12e ou 13e tour. Il y en a plus de 60. Il peut tout se passer. Là, tout s'est déroulé à la perfection. La voiture était parfaite. On a gagné à cause de nombreux facteurs : les problèmes de ceux de devant, notre bonne course - nous étions les plus rapides en piste -, nous n'avons pas commis d'erreur. » a déclaré Alonso. Villeneuve était à mille lieues du stéréotype habituellement associé à l’image du pilote de Grand Prix. Il était toujours prêt à signer des autographes ou à discuter avec ses supporters. Il était le premier à reconnaître ses erreurs, il ne mettait jamais sa voiture ou un autre pilote en cause.

 

Mais le plus important, Villeneuve a toujours montré une loyauté indéfectible envers la Scuderia, et au bout du compte, c’est probablement pour ça que les tifosis l’aiment encore autant aujourd’hui. En 1979, il aurait pu décrocher le titre suprême, mais il respecta les consignes d’équipe, et laissa gagner son équipier Jody Scheckter. Chose qu’Alonso, très « Me, Myself and I », ne ferait jamais pour Ferrari! C’est donc avec tristesse que je pense au numéro 27, à celui que porta Gilles, que demanda Jean Alesi dont le coeur battait au rythme de Ferrari et franchement, la manière dont Alonso considère la F1 ne me paraît pas compatible avec cet esprit. Le pilote « Ferrari type » se sacrifie pour Ferrari. Alonso se croit le centre du monde et attend que son écurie (à commencer par son équipier) soit sacrifiée pour lui. Dans l'armée, les officiers apprennent qu'ils ne sont pas là pour recevoir de l'armée mais pour donner ce qu'ils ont à donner à l'armée. Une différence d'état d'esprit entre la Scuderia et le pilote qui sera très difficile à gérer, surtout sans un Flavio qui est sans doute le seul au monde à pouvoir maîtriser Alonso.

 

 

Un duo de pilotes bouillant avec Schumi en arrière plan…

 

La principale énigme du duo de pilote Ferrari 2010, et probablement la plus grande crainte des tifosis, comment sera l’ambiance à Maranello et surtout, comment seront traités les deux pilotes par l’équipe? Y aura-t-il égalité de traitement? Ou le contrat d’Alonso contient-il des garanties techniques? Que Flavio «aurait tout arrangé pour lui. » selon l’espagnol. Bref, Massa aura-t-il sa chance de se battre à armes égales comme ces deux dernières années? On ne peut que lui souhaiter, lui qui a déjà « donné une victoire à Ferrari » au Brésil 2007, pour aider Ferrari à gagner le titre des pilotes. Et si c’est le cas, comment sera la relation entre les deux pilotes?


 

Pour rappel, Alonso n’ayant pas particulièrement brillé à la régulière depuis bien longtemps, la dernière fois qu’Alonso s’est confronté à Massa en tête et que Felipe a eu « le culot » de se mettre devant Alonso, ce fut au Nürburgring en 2007. Alors qu’Alonso dépassa Massa pour gagner la course, leur passe d’armes créa un accrochage sans conséquence. Selon le quotidien L’Équipe, les deux hommes échangèrent les propos suivants après la course :

Alonso : Bravo, tu m’as cassé mon déflecteur. Bravo.

Massa : Mais, je ne l’ai pas fait exprès.

Alonso : Je me bats en piste contre le monde entier et à trois tours de l’arrivée, tu te comportes de cette façon !

Massa : Tu viens de gagner la course et tu dis ça ? Mon pote, va donc apprendre !

Alonso : C’est à toi d’apprendre. Tu en as besoin. A Barcelone, tu m’avais déjà fait le coup, tu te souviens ?

Massa : Alors c’est ça. Je l’aurais encore fait exprès cette fois. Bravo. Vraiment Bravo.

Alonso : Bravo à toi.

Massa : Mais va couillon, va ch…


 

Cette empoignade de 2007, constitue la meilleure image de ce que plusieurs Tifosis craignent le plus. Et plusieurs pensent bien que le spectre de « McLaren 2007 » hante maintenant les rues de Maranello. Car la perspective que Ferrari explose de l’intérieur comme ce fut le cas de McLaren en 2007 est bien réelle, surtout lorsqu’on connait le caractère bouillant des deux pilotes. Si Ferrari laisse à Massa les coudés franches pour jouer la gagne face à son équipier, il risque de faire chaud chez les Rouges ! Et on ne sait pas comment Fernando va supporter la présence de Schumi dans les stands… et encore moins son amitié avec Massa !

 

Le Brésilien est un adversaire redoutable sur un tour et chez Ferrari, celui qui est devant en Q2 a le choix de la stratégie. Alonso risque d’avoir des difficultés en qualification, ce qui n’est surement pas pour plaire à un pilote qui est habitué d’avoir toute l’équipe pour lui. Surtout que le retour de Massa dans l’équipe, après sa longue convalescence, risque de faire de l’ombre à sa propre arrivée à la Scuderia, tant dans l’équipe que sur le plan médiatique. Et conduire pour la Scuderia est pour lui un rêve d’enfant…

 

Parlons-en des rêves d’enfance d’Alonso! Avant son arrivée chez McLaren en 2007, il avait pourtant souligné « J’aimerais plutôt battre Ferrari en pilotant pour une autre équipe » lorsqu’on lui demanda si Ferrari l’intéressait. À l’époque, il aimait raconter à quiconque voulait l’entendre que son arrivée à Woking était un rêve d’enfance. « Remporter trois titres sans piloter pour Ferrari, comme Senna », tel était son souhait. McLaren était sa dernière équipe. La suite vous la connaissez…

 

Pour ma part, j’avais déjà eu beaucoup de difficultés à accepter que Ferrari laisse partir Ross Brawn pour nommer Domenicali. Sa gestion erratique en 2008 m’a rappelé les vieux démons de la Scuderia du début des années 90. La presse italienne a maintenant repris son ancienne influence chez les rouges, influence dont Todt a toujours su préserver Ferrari. Bref, Domenicali est selon moi la mauvaise personne, au mauvais endroit, au mauvais moment et qui a pris les mauvaises décisions pour les mauvaises raisons, mais à part ça, il pourrait être bon...

 

Le licenciement de Kimi tout comme l'arrivée d'Alonso chez Ferrari me conforte dans cette opinion. Ma décision est prise, je mets mon drapeau en berne! Mais en espérant pouvoir le ressortir très bientôt. Peut-être dès 2011? Voire avant ? On ne badine pas avec la discipline d’équipe chez Ferrari. En 1991, Alain Prost, triple champion du monde, fut limogé sans ménagements pour avoir traité sa Ferrari de camion ! Est-ce que l’histoire va se répéter chez les Ferrari? Mais en attendant le retour de Schumi… ou l'arrivée de « baby schumi » chez Ferrari, mon drapeau restera dans mon tiroir dans l'attente de jours meilleurs pour la Scuderia.

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anti-zozo 08/10/2009 23:43


ces qui ce nul d'air one! ya pas compris lui que zoz cé le pire truant de la F1. moi ma crainte ces que massa puisse pas se battre et que ferrari sabote ses courses comme renault a fait à piquet.
schumi au moins il méritait d'etre le no 1, c'était le meilleur. mais zozo quand il était 1 chez mclaren, il cé fait battre par hamilton qui débutait.

a part ca excellent article


Patrice Dusablon 11/10/2009 01:17


Bonjour Schuminette 83 et anti-zozo!

Il me fait plaisir de vous souhaiter la bienvenu sur Confidentiel Paddocks. Il va de soit que je partage tout à fait votre avis. La crainte d'anti-zozo me semble d'ailleurs très justifié.
Concernant l'équité de traitement, l'arrivé d'Alonso est un pas flagrant en arrière. J'ai apprécié que les pilotes Ferrari puisse faire valoir leur chances respectives en 2007-08. Je pense que
schumi méritais sont statut car il a toujours su le gagner, comme le mentionne schuminette 83. Alonso, il n'a ni la sature ni le mérite de Schumi. Alors espéront que Massa sera sur pied à 100% et
pourra faire jeux égale avec Alonso, tant techniquement que politiquement.

Toutefois, schuminette 83 soulèvent un point crucial, et si Massa ne courrait pas pour Ferrari en 2010, pour faire de l'air à Alonso comme Truli du le faire en 2004. Comme en 2005, le gentil Fisico
pourrait jouer les porteurs d'eau pour la diva espagnol. Lorsque Fisico fut nommé chez Ferrari, j'ai dit en blague à un ami, Ferrari prépare le terrain pour Alonso... et si c'était vrai!!!
Sacrifier Massa en offrande au "tout puissant" Fernando serait la disgrace de Ferrari et probablement un choque pour les Tifosis, qui ont vu Massa "grandir" avec Ferrari depuis ses débuts en F1.
Espéront que ce n'est que mauvais rêve qui ne déviendra jamais réalité!

Enfin, je vous demanderais poliment anti-zozo de ne plus attaquer personnellement les autres blogueur en les traitants de nul ou autre. La diversité d'opinion est la bienvenu sur ce blog. Je vous
remercie à l'avance!

Patrice


Schuminette 83 08/10/2009 18:59


Excellent article on ne peut plus clairvoyant. Je partage toute votre analyse, Patrice, même si vu mon âge, je n’ai pas connu Villeneuve et que j’ai découvert Ferrari avec Jean Alesi qui reste le
pilote le plus cher à mon cœur avec Michael Schumacher. Et puis je suis du SUD, pas si loin d’Avignon, la ville de naissance de notre Jeannot national.

Chez Ferrari, peuchère, Schumacher il était officiellement le numéro 1. C’était peut-être dur pour son lieutenant, mais cela correspondait à une armée en marche. César, c’est avec la discipline
qu’il s’est imposé en Gaule. Chez Ferrari avec Schumacher, c’était officiel, c’était clair vis-à-vis de tout le monde. C’était propre.

Il serait nigaud de nier que Schumacher a commis des fautes sur la piste. Mais il existe quand même deux différences fondamentales avec les vilaines pratiques du clan Alonso.

1) les fautes de Schumacher furent des actes réflexes, dans le feu de l’action, des défenses de tigre blessé, des rugissements de grand fauve. Les malversations au profit d’Alonso sont des
escroqueries mijotées aux petits oignons et en pleine conscience pour dérober des résultats ; des trucs mesquins d’épicière qui arrange les restes un peu avancés pour les refiler en plats préparés
aux clients pas trop regardants ;

2) Michael Schumacher a subi beaucoup de sanctions de la part de la FIA, et parfois pour des broutilles comme un fond plat légèrement écorné qui ne l’avait pas avantagé. Au contraire, Alonso est
protégé par les parrains Mosley et Ecclestone. Il le sait et il en profite. Qui croira qu’il savait pas pour l’arnaque de Singapour 2008 ? Il est pas sibenêt que ça que quand même l'Alonso. Il
faudrait être bien naïf et apprécier la F1 avec la clairvoyance d’un bébé lecteur de « Oui-Oui pilote de course » pour croire que l'Alonso il est blanc comme l'agneau qui vient de naître dans
l'affaire là. Dans la mafia, avant on avait les beaux mecs, maintenant on a des types sans éducation, sans foi ni loi, des mesquins. Sans aller jusqu’à comparer les pilotes aux grands parrains de
la mafia comme Mémé Guérini, François Marcantoni ou Tony Zampa, des types qui avaient un sacré code de l’honneur, je dirais quand même qu’avec Schumacher on avait un beau gladiateur qui sentait bon
le sable chaud et que quand il y a des crapouilles qui magouillent pour faire gagner une Renault à Singapour, on a l’impression d’avoir à faire des petits pieds nickelés en col blanc qui avancent
masqués et qui voudraient qu’on leur accorde gloire et admiration comme aux parrains qui avaient de l’allure et de l'honneur.

Dans le même ordre d’idée, si Schumi, c’était un grand requin blanc mordant, n’oublions pas non plus qu’à chaque fois qu’il a fallu mettre les choses au point et montrer à son équipier qui c'était
le patron, Schumacher il a gagné le bras de fer. Ni Irvine, ni Barrichello ni Massa n’ont pu le dominer sur une saison.

Alonso, c’est tout le contraire. Il ne supporte pas la rivalité ni la concurrence. Renault l’en protège, comme un minot qu’il faut éloigner des sparring partners de son âge à la salle de boxe. La
seconde voiture ne marche jamais. Même Moncet qui ne parle que d’Alonso même quand il est dans les choux, il le reconnaît. Je conseille à ceux qui en douteraient de lire les temps en course et en
essais libres sur tous les Grands-Prix. Ils seront très surpris des résultats et auront l’impression de s’être fait eus et manipulés par certains commentateurs, peuchère. Quand la seconde voiture
marche, les temps des équipiers de Alonso ils sont équivalents aux siens. D’ailleurs, plusieurs fois, ses équipiers ont fait de meilleurs tours en course que lui. A commencer par Grosjean dès son
tout premier Grand-Prix à Barcelone sur les terres du seigneur et maître de la troupe de théâtre montée par Briatore.

On peut ne pas aimer Schumacher, mais on ne peut pas ne pas le respecter. On peut aimer Alonso, mais on peut difficilement ne pas être dérangée par le fait qu’il est au cœur et bénéficiaire de
plusieurs sacrés scandales et que c’est vraiment beaucoup pour le même bonhomme. Si le mien de bonhomme, il ramenait tous les ans un nouveau scandale dans son boulot et qu'il me disait qu'il y est
pour rien, je lui dirais tu me prends pour une cruche. Je ne suis pas une perdrix de six semaines.

Moi, franchement, j’aurais souhaité que la Scuderia, elle garde ses pilotes 2009 et qu’elle engage au moins de temps en temps une troisième Ferrari pour notre Schumi.

Ce ne sera plus possible maintenant, tiens, et en plus, je suis bien certaine que notre Massa ne pilotera plus en Grand-Prix pour les rouges. Et ça, ça me tourne le sang, je peux vous le dire.

Voilà ce qui me rend aussi sûre de ce que je dis. En 2010, Alonso sera un pilote payant, purement et simplement. Son arrivée à la Scuderia, elle est intégralement financée par un énorme groupe
bancaire. Une situation qui place l’Alonso dirigé par Briatore en situation de client payant de la Scuderia. Comme on dit dans le petit commerce, le client, il a toujours raison. Chez les gros,
c’est pareil. Autant dire qu’en ces temps de crise où que tout le monde a besoin de gros sous, Ferrari va servir son client comme le veut celui qui paye à coups de gros chèques avec plein de zéros
avant la virgule. Le payant, le sponsor, c’est Santander, une riche banque, je le répète. Alonso est devenu le VRP de la grande finance internationale qui continue à spéculer au nez et à la barbe
du grand public bien naïf. La loyauté de la concurrence et la glorieuse incertitude du sport, ce n’est pas trop le truc des banques.

Pour le riche client Alonso, serviteur de la grande banque internationale Santander, le brave Fisico acceptera de jouer les bonniches pour garder le toro des Asturies et il sera autrement
confortable sur la deuxième monoplace qu’un Felipe Massa fier comme un gardian camarguais, pour ne pas trop s’éloigner de chez moi.

Pour l’Alonso 2010, l’arène elle sera plus calme avec Fisico que Felipe. Comme ça, pas de banderilles ni de vraie corrida à craindre dans l’arène des rouges Donc, soit Felipe sera écarté, soit il
se retrouvera avec une monoplace qui ne marche plus comme c’est toujours arrivé aux équipiers d’Alonso chez Renault. Et ça, je vous garantis que j’en reparlerai parce que je ne suis pas contente du
tout et que je n’ai pas ma langue dans ma poche.


Air One 07/10/2009 19:43


Bonjour,

J' ai lu votre article avec intérêt et je suis d' accord avec vous sur un point mais je diffère quant aux raisons : l' arrivée d' Alonso chez Ferrari n' est pas une bonne nouvelle, parce que j'
estime que ce pilote mérite une équipe autrement plus flamboyante !

Vous parlez dans votre article de Gilles Villeneuve - grand pilote, grand talent - comme d' une valeur étalon chère à Enzo Ferrari, mais vous omettez de dire que l' esprit d' Enzo Ferrari est mort
avec lui et que la Scuderia l' a enterré bien vite et que les méthodes de l' ère Todt ont scellé définitivement sa tombe. L' aspect "anti-thèse" du pilote Ferrari ne tient plus depuis longtemps si
vous prenez Villeneuve Père en référence (je passe sur le côté épicier de l' espagnol pour vous renvoyer aux statistiques de victoires).

Vous mettez ensuite en cause - à raison mais partiellement - le manque d' humanisme d' Alonso. C' est vrai, mais c' est une caractéristique propre à 99 % du plateau constitué de tueurs prêts à tout
pour la victoire, ainsi va le sport automobile. C' est d' autant plus contradictoire quand vous encensez Schumacher qui fut, lui, non seulement impitoyable mais plus que limite en piste (vol du
titre à Damon Hill en le sabordant au Grand Prix d'Australie 1994, coup de roue sur Villeneuve Fils poour l' empêcher de remporter le titre en 97 et j' en passe...).

Vous finissez en pointant l' inégalité de traitement à venir : dois je vous rappeler que Schumacher avait contractuellement le statut de pilote numero 1 et le scandale des deux GP d' Autriche en
2002/2003 quand la Rossa a jeté le discrédit sur la F1 en méprisant son 2ème pilote et les spectateurs ?

On peut aimer Ferrari - ce n' est pas mon cas mais je le conçois - on peut ne pas aimer Alonso - ce n' est pas mon cas mais je le conçois - sans pour autant oublier les faits.

Je partage néanmoins votre conclusion : l' arrivée d' Alonso chez Ferrari est pour moi une mauvaise nouvelle ;-)

Cordialement.


Patrice Dusablon 08/10/2009 04:48



Bonjour Air One,

Il me fait plaisir de vous accueillir sur le blog! Je vois que nous estimons des équipes et des pilotes différents, ce qui est très bien car j'aime pouvoir argumenter mes points de vu. Vous dites
qu'Alonso mérite une voiture plus flamboyante, laquelle? Ferrari est de loin l'équipe qui a le plus de fans et la plus titrées. Elle est aussi ancienne que la F1 elle-même. C'est pourquoi je
considère qu'Alonso ne mérite pas une telle voiture! La seule équipe à pouvoir rivaliser avec Ferrari en terme de prestige en F1 sont McLaren, Williams et Lotus. Alonso s'est fait viré de McLaren
fin 2007 car il a été battu à la régulière par un rookie, vous vous souvenez? Williams 'est plus ce qu'elle était (dommage d'ailleur) et Lotus n'existe plus.

Vous dites que l'esprit d'Enzo est mort avec l'arrivée de Todt. Je vous invite à aller tenir ses propos en Italie! Certe, comme n'importe quelle organisation la Scuderia à évoluer pour faire face
aux différents défis auxquelles est devait faire face selon les époques. Les grands hommes comme Enzo et Todt y laissèrent bien sur leurs marques. Mais il y a une différence entre mourir et
évoluer. Toute organisation et même société qui évolue dans le temps sur une longue période verra sa situation changer en fonction de gens qui la compose et la font "vivre".

Mais de là à refuser la comparaison de votre pilote favori avec Gilles Villeneuves, que je considère comme le pilote "Ferrari type", c'est signe que vous savez comme moi qu'Alonso ne peut tenir
la comparaison. Selon vous, Villeneuve ne peut servir de référence car il est d'une autre époque, c'est donc dire que les grands hommes de l'histoire de l'humanité (tout dommaine confondu)
ne peuvent servir de référence, de modèle, sous prétexte qu'ils ont appartenu à une époque maintenant révolu? À mon avis c'est faux! Sinon, comment expliquer que plusieurs amateurs de
F1 citent encore des noms comme Villeneuve ou Senna? J'ai choisit Villeneuve pour illustrer mes propos car les caractéristiques évoquées étaient, sont et seront toujours des références en terme
de pilotage à mon avis. De la même manière que l'on peut dire que Jule César pourrait être aujourd'hui un grand politicien ou un grand général.

De plus, vous passé drôlement vite sur le côté épicier de l'espagnol. Dois-je vous rappeler que les données quantitative, sans y associé des données qualitatives, sont d'aucune utilité?
Comment de victoire aurait Rosberg s'il n'avait pas été 4 ans chez Williams, où s'il avait été chez Renault de 2003 à 2006? Gilles a eu une carrière écourté pour les raisons que l'on
connait. Concernant le côté épicier d'Alonso, tout le monde se souvient qu'en 2005, Kimi a abandonné 5 fois alors qu'il était premier, 5 victoires d'épicier pour Alonso! C'est sans
compter les victoire que Kimi a gagné aprées avoir reculé de 10 places pour changement de moteur (et en 2005, le Mercedes n'était vraiment pas ce qu'il est aujourd'hui). Je me souvient en
2009 une course où Alonso à signé le meilleur tour en course, il a fini dans le derrière des deux BGP. Pourtant, il n'a rien tenté!!! Il s'est contenté de dire après la course " on a
tiré le meilleur de notre voiture, mais la voiture avait les moyen de passer! Voilà un exemple parfait d'épicier! Surtout qu'il savait que les Brawn ne risquerait pas un accrochage, alors que lui
n'a rien à perdre. Mais il n'a rien fait! Villeneuve, Senna, Mansel, Schumi, Kimi ou Hamilton aurait tout tenté! Mais Alonso a préféré assurer les points!

Pour ce qui est du côté humanisme d'Alonso, je vous invite à relire l'arcticle. Ce suis bien d'accord pour dire que tout athlète est un requin qui ne pense qu'à venir à bout de sa proie. Mais
c'est pas de ça que je parle. Nadal et Federer sont deux ennemi juré sur le terrain, mais il se respecte! J'imagine mal Nadal allé engueulé Federer (à la manière d'Alonso avec Massa) après avoir
gagné, pour un simple incident. J'imagine mal Nadal dire que sa victoire garde sa valeur, même si les dés ont été pipés!

Vous dites que j'ai encensé Schumi. Je trouve qu'il y a une différence entre encenser Schumi et en parler deux phrase sur un texte de plusieurs pages. Moi aussi, comme tous les tifosis, j'ai hué
Ferrari en Autriche 2002. Comme Québécois, moi aussi j'ai trouvé de bioen mauvais goût la manoeuvre de Michael sur Jacques Villeneuve. J'était indigné à la Racasse en 2006, même si vous en avez
pas parlé. C'est bien pour ça que j'ai pas choisit Schumi pour décrire le pilote "Ferrari type". Être fan de Ferrari ou Schumi ne signifie pas que l'on sanctionne ses gests.

Toutefois, j'ai aimé Schumi (sans qu'il ne soit jamais été mon pilote préfé) car c'est  probabnlement le meilleur pilote que j'ai vu courser. Et je trouve qu'Alonso a bien des
croute à manger avant de pouvoir juste PRÉTENDRE être à la hauteur de Schumi. Le fait qu'il ait été battu par Hamilton, alors qu'il était numéro 1 chez McLaren, en dit long. En australie
2007,Hamilton était déjà devant (2ème), avant que McLaren le fasse passer devant dans les puis. À Monaco suite à la plainte d'Hamilton, McLaren a clairement signifié qu'elle avait choisit Alonso
comme gagnant et que Hamilton pouvait se contenté d'être second, alors qu'il savait (et que nous savons) qu'il aurait gagné avec plus d'appui. Ce n'est qu'avec sa première victoire, alors qu'il
était en tête du championnat de pilote à sa première années, que Ron Dennis a compris ce qu'était Alonso, un champion qui a gagné avec la meilleur voiture, comme Jacques Villeneuve ou Hill. À ce
que je sache, Schumi a toujours battu ses coéquipier, même s'il n'était champion. Alors qu'Alonso, il s'est fait battre comme champion, par un rookie. Et je ne parle pas de Truli qui a dû quitter
Renault en 2004, alors qu'il était devant Alonso, juste pour faire de l'air au futur champion 2005!

Bref, je pense que Ferrari a remplacer un excellent champion par un pilote sur évaluer, qui a été au bon endroit au bon moment pour gagner ses titres, en profitant des problème de fiabilité de
Kimi et Schumi en 2005 et 2006!

Salutations cordiales

Patrice